6 janvier 2012

Les trésors oubliés de la Star Academy 3

Vous ne me demandez pas mon avis, et en même temps, c'est normal parce que c'est un sujet éculé et totalement déconnecté des réalités du monde actuel, qui ne parle que d'Hélène à l'Olympia, mais ma Star Academy préférée, c'est la Star Academy 3. La raison en est simple: c'était la première fois qu'il y avait un Pierre!
Et quel Pierre! Un Pierre qui part comme un Prince après avoir chanté du Queen habillé comme à la cour du Roi, dans un tableau tellement kameloualiesque, parce qu'il n'attend pas qu'on lui rende sa liberté. Mais la Star Academy 3, ce n'était pas que ça! Il y avait aussi ce remake de la rivalité Emma/Nolwenn, mais où Emma gagnerait à la fin, un Polonais qui vole des oranges, des intermittents qui permettent de découvrir que, quand un plateau de TF1 est envahi, la cassette de secours à diffuser est un épisode de Julie Lescaut daté de plus de dix ans, cette d'histoire d'amour platonique et finalement impossible entre Romain et Sofia, cette histoire d'amour moins platonique entre Élodie et Édouard, cette amitié si forte entre Élodie et Michal, cette amitié si forte entre Sofia et Patxi, Lukas (en slip) qui écoute aux portes et se voit jeté sur la place publique pour que la plèbe décide du sort de ce vil tricheur, Stéphanie effondrée de ne pas participer à la tournée mais qui finit dans un épisode de Père et maire, l'enregistrement d'un faux clip studio pour le dévédé du Roi Lion 3: Hakuna Matata, Icaro, un premier album sur les chansons des années 60, Patxi et sa crête annoncé presque comme un nouveau Jean-Pascal mais qui finit par chanter absolument très bien Mistral gagnant et Allô Maman Bobo, un concert au Parc des Princes (avec les deux autres éditions), des vrais musiciens qui jouent vraiment d'un instrument parfois même dès le premier prime et, finalement, une gagnante qui apparaît comme celle -la première- qui n'arrive pas à rembourser son million d'euros gagné avec les ventes de son album, plus proches de celles des Whatfor que de Nolwenn, et qui marque un tournant dans l'histoire de l'émission.

Pourtant, cette Star Ac-là, c'est celle qui a permis au plus grand nombre de candidats de sortir carrément un album-qui-ne-se-vend-pas: Michal, Sofia Essaïdi, Patxi, Lukas Delcourt, mais aussi Pierre, Édouard et Romain, réunis sous le nom de Premix (avec un P comme Pierre, un R comme Romain, un E comme Édouard et un mix comme mélange, c'est épatant). Une preuve de plus que ces gens devaient s'apprécier, au point d'accepter de travailler ensemble à la sortie de l'émission (ça, Nolwenn, elle l'aurait jamais fait!), en plus des remerciements de principe des uns envers les autres dans chaque livret.
Et puis, bon, il y en a un qui s'appelait Pierre.

Oui ou non
Avec hésitation
Oui ou non
Je me pose la question
Oui ou non
Avec hésitation
Oui ou non
Je me pose la question

Voici donc une sélection pleine de gens de la Star Academy 3, mais pas que, et sauf Lukas, parce que faut pas déconner.


  1. Oui ou non - Premix (Star Academy 3) - 2004
  2. Mon cabaret - Sofia Essaïdi (Star Academy 3) - 2005
  3. Comme avant - Mathieu Edward (Star Academy 7) & Sheryfa Luna - 2008
  4. Variété française - Jérémy Chatelain (Star Academy 2) - 2006
  5. Mon tout - Michal (Star Academy 3) - 2005
  6. Porque te vas - Star Academy 6 - 2006
  7. Briser mes chaînes - Sofiane (Star Academy 4) - 2006
  8. Le début du siècle - Patxi (Star Academy 3) - 2010
  9. La ceinture - Élodie Frégé (Star Academy 3) - 2006
  10. Donne-moi le temps - Jenifer (Star Academy) - 2003

30 décembre 2011

Les trésors oubliés de la Star Academy 2

Il était une fois une jeune princesse. Elle était grande, elle avait de longs cheveux noirs et, quand elle ne faisait pas la gueule comme cela lui arrivait souvent sans qu'on sache trop pourquoi, elle était plutôt jolie. Et pourtant, cette princesse souhaitait rester anonyme. Aussi l'appellerons-nous Gwenaëlle. Oh, je sais, c'est un peu cliché, et il faut se méfier des clichés car l'habit ne fait pas le cordonnier, mais oui, son prénom révèle bien son secret: Gwenaëlle est bretonne.
Enfin, secret, c'est un peu exagéré, parce qu'elle en est plutôt fière. Elle a même sorti un disque pour le chanter au monde! Mais n'allons pas trop vite, car cette histoire commence bien avant cela!

Il y a très longtemps, Gwenaëlle vivait dans un grand château... On pourrait penser que c'est tout à fait normal pour une princesse, mais les temps étaient déjà difficiles à l'époque et elle n'était pas seule sous le toit de ce château. Un château qui, en plus, était fort loin de sa Bretagne natale. Pire que tout: en banlieue parisienne! Mais en temps de crise, on ne refuse pas une colocation, fût-ce en région parisienne. D'autant qu'en ce temps-là, Gwenaëlle avait déjà dû quitter sa Bretagne natale pour Vichy, en Auvergne. Et quand on habite à Vichy, on ne refuse pas une colocation, fût-ce en région parisienne. On ne refuse rien, d'ailleurs, mais je m'égare.
Gwenaëlle était donc une princesse. Avec, parfois, des habitudes de princesse, qui pouvaient la rendre antipathique, à cause de cet air toujours trop sérieux qui font qu'on n'aime jamais tellement les premiers de la classe, et surtout pas celles qui utilisent leur longue chevelure pour cacher les réponses à leurs voisins. Oh, mais Gwenaëlle n'était pas comme ça, tout de même! Non, elle avait même des amis dans ce château. Une, en tout cas. Et puis, elle avait un air perpétuellement sinistre et trop souvent la bouche en cœur, mais il fallait bien reconnaître qu'elle avait une belle voix. C'est grâce à ce don qu'elle fut récompensée, lorsque la fin du bail arriva et que, tandis que son colocataire noir était mis à la porte sans rien, elle reçut un contrat qui ferait rêver des millions de petites filles.

Et Gwenaëlle eut du succès, même si ce n'était pas vraiment Pascal O. qui avait composé son premier single. Celui-là même qui se classa n°1 du top 50. Puis il y eut d'autres chansons, même un autre album, avec Laurent V., ce qui, sur un plan musical est bien plus respecté que n'importe quel Pascal O. Et puis, un jour, en participant à une émission où il faut trouver des paroles, elle choisit de ne pas chanter sa propre chanson. Elle qui, pourtant, semblait un peu fière d'avoir vécu dans ce grand château, qui était retournée si souvent depuis saluer ses producteurs, semblait subitement renier son passé.

Pourtant, de tous les habitants de ce château, ou de sa dépendance dans la cour, voire de la résidence secondaire de la rue Charlot, Gwenaëlle est la seule à avoir réussi à atteindre la première place du Top 50 de son vivant. Et elle l'a même fait deux fois, avec cette chanson honnie dont on ne peut pas dire le titre, mais aussi Gwenaëlle Ohwo!, une chanson pseudo-autobiographique où elle parle, c'est sans doute un problème, de [s]on académie. Et, il faut bien le souligner, après s'être méchamment viandée à force de vouloir se détacher de son image pour se repositionner dans le monde d'Alice au pays des merveilles et des petits chiens virtuels sur Nintendo DS, elle a su retrouver le sommet des charts, en rendant hommage à ses origines bretonnes. Et depuis, quoiqu'elle ait pu chanter dans Gwenaëlle Ohwo!, elle peut se prendre pour une reine et prétendre ne pas savoir de quoi il est question quand on lui parle de château ou de Houcine, et ce même si douze millions de gens en ont été témoin... Mais c'est sans doute un bon choix, de faire oublier une victoire à la Star Academy pour faire une carrière musicale respectable.
Il faudrait demander son avis à Mickels...

Même si la vie nous entraîne, ohwo
J'étais comme je suis, Nolwenn ohwo
Rien n'a changé...
J'ai toujours peur le soir!

Voici donc les deux singles de cette chanteuse anonyme, mais aussi tous les singles issus de la Star Academy qui ont atteint la première place du top 50, parfois le temps d'une semaine, parfois pour y rester neuf semaines, et qui feront une playlist forcément imparable pendant votre réveillon. Une playlist courte mais, et ça c'est beau, de dix chansons exactement.



  1. Nolwenn Ohwo! - Nolwenn Leroy (Star Academy 2) - 2005
  2. Laissez-moi danser - Star Academy 4 - 2004
  3. La musique (Angelica) - Star Academy - 2001
  4. Paris Latino - Star Academy 2 - 2002
  5. Santiano - Star Academy 5 - 2005
  6. L'orange - Star Academy 3 - 2003
  7. De temps en temps - Grégory Lemarchal (Star Academy 4) - 2007
  8. Adieu Monsieur le Professeur - Star Academy 4 - 2004
  9. Gimme! Gimme! Gimme! (A Man After Midnight) - Star Academy - 2001
  10. Cassé - Nolwenn Leroy (Star Academy 2) - 2003

23 décembre 2011

Les trésors oubliés de la Star Academy

Je ne sais pas si vous vous rendez compte, mais nous fêtons aujourd'hui un anniversaire. Il y a sept ans jour pour jour, cela faisait un jour que Grégory remportait à la surprise générale la Star Academy 4. Et c'est ainsi que, désœuvré que j'étais, sans plus aucune raison de vivre, j'ouvris ce blogue le lendemain, ce qui nous ramène, la coïncidence est incroyable, il y a sept ans jour pour jour. Je dois bien admettre que j'exagère un peu, je venais alors de créer une adresse Hotmail et de télécharger MSN Messenger et avais déjà eu l'occasion de constater que ça pouvait horriblement bien occuper une vie, surtout pour un étudiant en vacances, qui plus est un étudiant de vingt ans qui n'aurait connu jusqu'alors de l'internet que ce qu'en décrivaient les autres et qui, enfin, après des années à tuer le temps tout seul dans sa chambre, saurait enfin ce que c'est, en vrai... Mais se remémorer la création d'une adresse internet qui n'est plus là presque que pour accueillir tous les pourriels du monde ou se connecter épisodiquement à un réseau que plus personne n'utilise, ça pourrait sembler passéiste et ça, je ne le veux pas.
Non, parlons plutôt Star Academy!

Toute personne normalement constituée et avec du goût a nécessairement regardé le documentaire-événement de NRJ12 diffusé les deux derniers mardis. Et a forcément apprécié revoir des images de la vie du château ou des primes, mais surtout apprécié entendre Nolwenn Cyril revenir sur son aventure Star Academy, ou encore Jenifer, Sofia, Quentin, Jérémy et même Raphie ou Kamel. Et s'est forcément dit que, quand même, la Star Academy, c'était vachement bien. Pas forcément au point d'être déjà prêt à une Star Academy 9 présentée par Jean-Pascal Lacoste, mais suffisamment pour se dire que, non, c'est impossible, The Voice, ça ne pourra pas être aussi bien.
Mais ne l'oublions pas, la Star Academy, c'est avant tout une histoire de musique et d'une tripotée de candidats inoubliables comme Joanna, Judith, Gautier, Pierre, Mathieu... Enfin, presque. Alors, pour fêter ce septième anniversaire de blogue tout en abordant un sujet ô combien d'actualité, aujourd'hui commence une grande rétrospective staracquienne. Qui commence par le premier de tous. Celui qui a été jusqu'au bout mais qui a perdu. Celui qui aurait pu faire une grande carrière, mais finalement non, pas trop: Mario.
Ou Mario Barravecchia.

Mario, Belge de son état à une époque où la Belgique ne semblait pas avoir comme ambition de passer à la télé dans les émissions de télé-réalité françaises, a eu l'honneur de perdre une finale de Star Academy devant plus de 10 millions de téléspectateurs. Et pourtant, il chantait bien -dans les canons de 2001/2002, en tout cas-, il avait eu droit à un relooking et pouvait compter sur une relation de couple... comme Jenifer, en fait.
Alors, pour ne pas sombrer dans la déprime, Mario s'est plongé dans la lecture du BLED, flashant littéralement sur la page des verbes pronominaux. On sent toute l'influence de cette lecture dans le refrain de son premier single: je te ressemble, tu me ressembles, On se ressemble, sorti dans la foulée de l'émission au milieu de tous les autres singles de tous les autres candidats même Olivia. Avec le même succès, ou à peu près: entré sixième du top 50, mais sans clip, sans diffusion radio, il en était sorti sept semaines plus tard.

Je te ressemble
Tu me ressembles
Et je voulais te dire
Comme j'en suis fier
Plus qu'une chance
Qu'une évidence
Sache que tu es mon seul phare
Quand je me perds


Voici donc On se ressemble de Mario-pas-encore-Barravecchia ainsi qu'une sélection de neuf autres titres staracquiens.


  1. On se ressemble - Mario (Star Academy) - 2002
  2. Y a qu'un ch'veu - Star Academy 6 - 2006
  3. Comme un hic - Jenifer (Star Academy) - 2008
  4. Je suis en vie - Grégory Lemarchal (Star Academy 4) - 2005
  5. L'école des duplicatas - Joanna Lagrave (Star Academy 8) - 2009
  6. À bicyclette - Star Academy 5 - 2005
  7. Viens jusqu'à moi - Élodie Frégé et Michal (Star Academy 3) - 2004
  8. Il y a je t'aime et je t'aime - Quentin Mosimann (Star Academy 7) - 2008
  9. Tu seras - Emma Daumas (Star Academy 2) - 2004
  10. Run baby run - Bustafunk (Générique Star Academy) - 2001

20 décembre 2011

Les boules

20 décembre, c'est la dernière ligne droite. Là, il va bien falloir se rendre à l'évidence: ça devient beaucoup trop risqué de commander les cadeaux qu'on envisage de faire pour la Noël chez Amazon, surtout sans savoir vraiment quels sont les cadeaux qu'on envisage de faire... Heureusement que la famille à laquelle j'appartiens a adopté la règle du Pas de cadeaux entre adultes qui montre combien cette famille peut être sinistre, parfois, mais qui, du coup, réduit, la liste des cadeaux qu'il faut trouver pour les gens. Des gens qui, bien sûr, ne font pas de listes, comme si j'étais censé savoir ce qui pourrait faire plaisir à ma mère et ma sœur?!
Moi, je suis un bon fils, voire un bon frère, mais surtout un bon fils, et, quand ma mère a supplié, des larmes dans les yeux, de faire une liste, je me suis exécuté. Très tardivement dans le mois de décembre mais ne dit-on pas que c'est l'intention qui compte?! Et si vous pensez vraiment que faire une liste de Noël le premier jour de l'hiver, ce n'est pas se foutre un peu de la gueule du monde, mais que, justement, vous n'avez pas encore fait la vôtre et que, d'un coup, vous êtes en train de vous demander si votre mère ne va pas vous offrir un dévédé de François Damiens, sous prétexte qu'il y en a plein les rayons de la Fnac, il n'est peut-être pas trop tard! Comme, en plus, ces temps-ci, c'est la crise (et que bon, on est quasiment le jour J, alors on va pas en plus demander des dizaines de trucs que, de toute façon, on rangera dans la bibliothèque ou dans la dévédéthèque dès le 27 décembre), voici une liste économique, puisqu'il y a finalement assez peu de place pour y écrire ladite liste de joujoux tant désirés.


Pour réaliser cette liste, il vous faudra:
  • une boule de polystyrène, de diamètre 12 cm;
  • du papier de couleur Noël, donc rouge et vert;
  • du bolduc;
  • une paire de ciseaux;
  • de la colle;
  • des stylos, un crayon de papier, un marqueur doré.

Vous pouvez aussi utiliser un compas, une règle et un rapporteur, mais j'ai bien conscience que les gens normaux n'ont pas nécessairement ce genre de choses. En revanche, ce n'est pas mal d'avoir l'album Les Hits des Schtroumpfs à passer en même temps pour se motiver. Soyons clairs, il sera trop court pour le temps de réaliser votre liste, même si, si vous avez déjà Les Hits des Schtroumpfs, vous n'avez sans doute plus grand chose à désirer. Et je vous assure, rien n'est meilleur que dessiner précautionneusement des étoiles en papier en dodelinant la tête sur Pas de mayo. Mais n'allons pas trop vite en besogne et schtroumpfons par le commencement. Alors on schtroumpfe.

La boule dans la main droite, le bolduc dans la main gauche, la première tâche sera de faire le tour de la première avec le second. Je vous vois déjà douter, comme moi-même à ce moment, mais oui, avec de la simple colle UHU badigeonnée avec amour, le bolduc tient très bien après une simple pression sur la boule. Je peux même vous le dire dès maintenant, il tient aussi très bien quand il faut faire un deuxième tour, et donc coller du bolduc sur du bolduc collé sur une boule de polystyrène. Je peux même vous le dire: j'adore le mot bolduc, il est donc possible que je l'emploie de manière légèrement abusive au cours des prochaines lignes. Si, d'ailleurs, vous avez bien chopé le tour de main pour faire ce tour de boule, vous pouvez d'ores et déjà enchaîné sur un deuxième tour, mais dans l'autre sens, pour faire apparaître quatre quartiers, mais je l'ai personnellement fait bien plus tard. Vers Camper, c'est dire!

Là, on n'en est qu'à C'est le week-end (wouuuhouuuuu).
Schtroumpfe ta meuf par la main
Pour faire la teuf jusqu'à demain!
Mais pour l'instant, schtroumpfez plutôt un crayon bien taillé et votre papier vert. Ou rouge. Ou même blanc, si vous êtes plus neige. Et lancez-vous dans une forme qui vous évoque Noël. Comme, pourquoi pas, tiens, une étoile à cinq branches? Vous pouvez alors laissez aller votre crayon, votre créativité, pour faire une étoile ou alors faire ça proprement avec un compas. Si vous êtes quelqu'un de raisonnable, vous aurez bien sûr choisi la deuxième option, qui va demander un peu de concentration et ça tombe bien parce que Pieds mouillés est un peu longuet si on ne fait rien en même temps.


Faites donc un cercle de rayon 5 cm, ou un peu moins. Pas plus.
Puis tracez-en un rayon, à l'aide d'une règle. Je vous rappelle qu'il y a une infinité de rayons dans un cercle.
Notre étoile comptant cinq branches, il va nous falloir couper ce cercle en cinq. L'angle plein mesurant 360°, il va falloir un angle de 72°. Allez, même un élève de cinquième y arriverait! En plus, mine de rien, on est passé à la chanson suivante du disque.

C'que tu aimes, c'que tu aimes
C'est la frisée aux lardons

Et des bons chamchamchampignons
La frisée aux lardons avec des pignons
Pas de mayo

La frisée aux lardons avec des pignons
Pas de mayo


Ne vous laissez pas emporter pour autant par le démon de la danse et, au lieu de vous embêter avec votre rapporteur, reprenez donc votre compas pour reporter la longueur de l'arc tout autour du cercle.



Et voilà! (en français dans le texte)
On en oublierait presque qu'on est là pour faire des étoiles, mais justement, c'est maintenant qu'elles vont prendre forme, en reliant les sommets de la façon adéquate.
Bébé, bébé, Bébé Schtrouuuuuumpf
Bébé, bébé, Bébé Schtrouuuuuumpf
Ah comme il est mignon, mignon
, chantonnez-vous sans même vous en rendre compte.
Vous n'avez même pas entendu passer Ils sont tout bleus et c'est tant mieux. Votre étoile, elle, est toute verte, aux traits de crayons près. Vous pouvez donc tout gommer ou simplement la retourner.
Mais en fait, sachez-le, il vaut mieux tout gommer.
Et faire la même chose pour les trois étoiles suivantes.

Là, c'est la partie longue, je ne peux pas le nier.
Mais pendant ce temps, dans vos oreilles, vous enchaînez Laisse schtroumpfer tes problèmes, Yeah Yeah Schtroumpfer et Camper et vous avez envie de remettre Laisse schtroumpfer tes problèmes.
Faites donc, ça fera durer le plaisir.

Ooooh, collectif schtroumpfééééé
Viens schtroumpfer au bal
Ça coûte pas un balle!


Parce que, bon, je peux vous le dire, mais il va falloir en faire autant avec le papier rouge... Mais le résultat est si beau!


Chante schtroumpfelluia!
(Allez, vous pouvez avouer que, vous aussi, vous l'avez passé en boucle quatre fois)

Sur chaque étoile, écrivez donc ce que vous voulez mais, tant qu'à faire, écrivez ce que vous voulez vraiment, puisque la place, disais-je plus haut, est fort limitée.
Et reprenez votre boule et votre bolduc.
Car oui, on en est à Camper et, cette fois, c'est sûr, il va falloir prendre le deuxième pour faire un deuxième tour de la première. Je vous fais confiance pour faire ça à peu près perpendiculairement.
Même avec des mouvements saccadés qui suivraient parfaitement le rythme sur À-Ta-hi-ti-je/ Nagedansunemerazur/ Je-schtroumpfedesglaces/ Ça-c'est-sûr-ça-c'est-sûr, vous allez pouvoir reprendre vos étoiles pour les glisser sous le bolduc, ce qui est possible même si le bolduc est collé, ce qui est probablement l'un des miracles du polystyrène. Faites donc un peu ce que vous voulez pour les placer, en essayant peut-être de ne pas les faire se chevaucher mais ce n'est pas forcément facile.
De toute façon, pour le moment, vous pouvez encore vous repentir.
Mais à partir de maintenant, non, car vous allez reprendre de la colle.


Non, n'imaginez même pas pouvoir coller les étoiles parfaitement sur une surface sphérique. Non, non, n'imaginez pas, c'est impossible... Alors contentez-vous de coller le centre de chaque étoile, et encore, sans chercher à déborder, loin de là! Croyez-moi, plus vous mettez de colle, plus c'est moche. Et c'est pour ça que vous auriez dû gommer les traits de crayon tantôt, parce que, maintenant, vous comprenez qu'on risque de les voir un peu et c'est moche.
Mais vous constatez qu'une étoile glissée vaguement sous un bout de bolduc et tenue par un point de colle au milieu... ça ne tient pas tellement. Mais heureusement, vous avez 10m de bolduc, il vous reste encore de quoi faire quelques tours. En effet, je vous rappelle que le rayon de la boule étant de 6cm, puisque le diamètre est de 12cm, le périmètre des grands cercles est environ 37,7cm, ce qui vous permet de faire un peu plus de 26 tours, et vous n'en avez fait que deux!
Oui, le disque est fini, alors je meuble avec des maths, pardon.
Adonc, avec le bolduc, refaites donc un tour en repassant précisément au même endroit que la première fois, mais en coinçant au passage quelques branches d'étoiles.
Pas toutes, hein!
Si chaque étoile est tenue par deux branches, c'est déjà très bien! Et quasiment fini!
Si vous avez envie (et si vous savez le faire), vous pouvez ajouter une boucle, pour faciliter la prise en main de l'objet (qui pique un peu, qu'on ne sait pas comment tenir). Ou ajouter des petits sapins ou n'importe quoi (des flocons, de la neige, que sais-je?) pour occuper un peu ce grand espace blanc-polystyrène qui reste apparent. Vous auriez pu y penser dès le départ, d'ailleurs...
Mais en tout cas, cette fois, c'est sûr, c'est fini.
C'est un peu moche, mais c'est fini.
(et ça a quand même été plutôt rigolo à faire)

11 novembre 2011

Onze était dit rendez-vous...

Oui, ce blogue n'est plus actualisé qu'une fois tous les quatre jeudis, mais, tout de même, il est des événements qui obligent à sortir du silence et à prendre le clavier en main pour en parler. Parce que bon, hein, quand même, tudieu, c'est un grand jour, hé! Le
11 - 11 - 11.
(oui, ça valait bien toutes ces couleurs)

Oubliés les 5 - 5 - 5, les 6 - 6 - 6, les 7 - 7 - 7, les 8 - 8 - 8 ou même les 9 - 9 - 9 qui ne sont rien à côté de tous ces 1 si merveilleusement alignés les uns à côté des autres, , et ne citons même pas ce trop vulgaire 10 - 10 - 10 qui, malgré toute une promotion médiatique soi-disant symbolique, ne mérite même pas qu'on s'y attarde avec ce mélange bâtard de 0 et de 1, là, comme ça, beurk. Non, je le sais bien, ce 11 - 11 - 11, qui plus est à cette heure aussi parfaite que 11:11:11, on ne pourra plus jamais faire mieux, à moins que, après la prochaine révolution liée à la crise économique mondiale, on mette en place un calendrier à au moins 22 mois ce qui, par ailleurs, serait bien pratique, à mon humble avis.

Oui, j'ai bien conscience que, en 2011, on ne peut plus publier un billet de blogue aussi navrant, mais, de toute façon, en 2011, est-ce qu'on publie encore des billets de blogue?!

24 octobre 2011

La guerre est déclarée

Ça faisait si longtemps qu'on ne s'était pas vus! Mais, vraiment, même en cherchant bien, je n'avais pas grand chose à raconter. J'aurais pu dire du mal de certains élèves, à la rigueur, mais je ne voudrais pas donner l'impression de déverser mon fiel et c'est difficile, en restant vague. J'aurais pu dire du bien d'autres élèves, mais ça n'aurait eu aucun intérêt... Non, vraiment, je n'avais pas grand chose à raconter! Ma rentrée, il y a déjà six semaines, m'a pris tellement de temps, d'énergie et de temps que je n'ai même pas eu le temps d'aller au cinéma, ou si peu! À tel point que, en retournant dans mon UGC, je n'y ai plus reconnu les écrans qui décomptent le nombre de places restantes, ni même les tickets eux-mêmes, ni même l'écran UGC juste avant le film... Mais j'aurais dû me dire que quelque chose avait changé, quand Madame UGC, alors que je lui achetais ma place, me demandait si j'avais vu La guerre des boutons, avant d'aller voir La nouvelle guerre des boutons.
Parce que, oui, j'ai été voir La nouvelle guerre des boutons.
Je n'ai pas mis les pieds dans un cinéma pendant un mois et demi et le premier film que je vais voir, c'est La nouvelle guerre des boutons.
Sans avoir vu La guerre des boutons.
Madame UGC en était un peu embêtée, d'ailleurs, mais c'est prévu, éventuellement. Elle a fait la moue et c'est moi qui étais embêté... Alors, penaud, j'ai tenté de justifier mon choix, tout aussi injustifiable qu'il puisse paraître, mais bon, vous voyez, celui-là, il a été fait dans un endroit que je connais, alors voilà merci bonne journée.

Oui, je le promets: j'ai été voir La nouvelle guerre des boutons pour les paysages!
Je l'ai déjà dit, mes vacances estivales n'ont pas connu leur déroulement classique. Je ne veux surtout pas donner l'impression de m'apitoyer sur mon sort, mais si je m'étais rendu en Auvergne, à la période où je m'y rends habituellement (et par habituellement, j'entends tous les étés depuis vingt-sept ans, sauf une fois), j'aurais pu croiser Guillaume Canet, Marion Cotillard et Laetitia Casta. Je sais bien que Marion Cotillard ne joue pas du tout dans le film, mais les gens qui les ont vus l'ont rapporté ainsi à des gens que je connais, grâce auxquels ça m'a finalement été rapporté. Alors, à défaut d'avoir fait la brocante de Blesle et de croiser par hasard des stars du cinéma mondialement connues dans l'ancien restaurant de l'acteur anciennement connu pour son rôle d'instit à moto (les gens qui ont vu n'ont jamais prétendu que ces deux événements auraient pu se dérouler le même jour, mais je brode autant qu'eux), j'ai passé une partie du film à me dire: «oh, ça, c'est Lavoûte-Chilhac, c'est sûr» lors d'une sortie de classe au bord de l'eau ou encore «mais on dirait Massiac, la ville des meilleures brioches aux pralines du monde, au moins!» pendant l'assaut nocturne des Longeverne à Velrans, qui se conclut par la cuite du Petit Gibus.
Veuillez m'excuser, j'ai oublié de prévenir que j'allais spoiler.
Et puis, surtout, préparé psychologiquement que j'étais, après des semaines à m'entendre dire «la maison de Kad Merad est au Poux» avec une petite fierté familiale, j'ai regardé la maison de Kad Merad, pour constater que, vraiment, je n'ai jamais mis les pieds au Poux, ce qui n'est pas étonnant vu que je ne suis même pas certain que ce soit un hameau habité de Saint-Poncy. Je connais Alleret, Rochefort, Arches parce que j'y fais des promenades, mais Le Poux, non.
Je me souviens avoir été à Laveissière, une fois, pour en repartir avec la certitude qu'on ne peut pas avoir plus de vingt chats dans une maison, mais ce n'était pas assez pour reconnaître un lieu de tournage...
Et puis bon, clairement, ce billet devient un peu trop détaillé, donc un peu trop pénible à lire. Retenez simplement, pour briller en société, que La nouvelle guerre des boutons a été partiellement tournée à Saint-Poncy.

Et retenez aussi que c'est à peu près la seule raison pour aller le voir...
À moins d'aimer les enfants qui commencent leurs phrases par si j'aurais su (mais en trouvant toujours autre chose à dire après que j'aurais pas venu).
De ne pas se poser de questions en voyant, dans la classe de Guillaume Canet, que TOUS les garçons du village ont l'air d'avoir le même âge (environ douze ans), sauf Petit Gibus, qui doit en avoir huit, et Lebrac, qui en fait vingt-trois, soit autant que son rival d'en face, L'Aztec, qui en plus, fait tout sauf Auvergnat.
De ne pas se poser de questions non plus quand les Longeverne se cachent à vingt, trente, plus!?, dans la forêt pour voler les boutons des Velrans, mais qu'ils sont trois, quatre, cinq, six, le reste du temps.
D'être nostalgique de ces films, comme on n'en fait plus, dans lesquels on utilise un ralenti quand le héros (Guillaume Canet, qui n'est pourtant pas un enfant) regarde celle qu'il aime (Laetitia Casta, qui n'est pas davantage une enfant, mais, du coup, heureusement) passer en vélo sans le voir.
D'apprécier les films avec des gentils qui sont gentils même quand on croit qu'ils sont un peu rudes et des méchants qui sont vraiment méchants, mais quand même pas trop méchants, surtout pas avec des Nazis ou, pire, des collabos dans le coin.
D'apprécier cette sensation de se faire tirer les larmes à coups de violon et de situations tragiques artificielles, comme si deux enfants lisaient la lettre de leur père envoyé au STO et que cette dernière brûlait à cause de méchants garçons.
Ou, plus globalement, à moins d'avoir envie d'aller voir un film dans lequel la guerre des boutons du titre fait l'objet d'une seule séquence (sans même jamais justifier sa nouveauté, d'ailleurs), avant de s'embourber dans un film sur la guerre bancal, prisonnier de son manichéisme, dans lequel chaque décision du scénario entraîne forcément la déception du spectateur.
C'est dommage, parce que c'était partiellement tourné à Saint-Poncy.

3 septembre 2011

Les schtroumpfs oubliés de la chanson schtroumpf (5)

D'abord, ce fut Connaissez-vous bien la France?, puis Le jour où tout a basculé... Ce sont des signes qui ne trompent pas: les vacances sont finies. Il serait donc plus que temps de faire un bilan de mes vacances, histoire d'y repenser une dernière fois avant La Reprise. Seulement, je n'ai pas encore le cœur à ça. Je crois que je ne me suis pas encore remis de ma pré-rentrée tombée le même jour que le final de Chante!. De Cœur Océan, aussi, mais c'est un peu moins grave, vu que je n'ai pas vraiment suivi cette saison, que je pourrais qualifier de saison de trop, s'il n'y avait pas Lisa. Mais je préfère ne rien dire, parce que je peux encore découvrir, en rattrapant les deux derniers épisodes, que Lisa est morte assassinée et ne reviendra donc pas dans une éventuelle saison 6 (que je ne désire pas ardemment).
Non, je dois voir le positif: il n'y a que 22 élèves dans ma classe de troisième!
Et j'ai mon mercredi libre.
Et je n'ai qu'une heure de trou par semaine en moyenne, même si, en semaine B, c'est moins bien qu'en semaine A.
Et je pourrai être à l'heure pour regarder la nouvelle émission de Julien Courbet, en espérant qu'elle soit au moins aussi bien que En toutes lettres, ainsi, donc que les émissions qui suivent dans la grille de France 2.
Et je récupère une classe presque identique, qui avait 16 de moyenne en cinquième, à défaut d'avoir été ma préférée de l'année 2010/2011.
Et mon élève préféré est dans mes listes, aussi!
Bon, il y en a deux ou trois que j'aurais bien aimé ne plus jamais recroiser, aussi...
Et puis, j'ai deux heures de troisième de suite le mardi matin, ce qui, déjà, me paraît horrible (mais plus encore pour eux, qui enchaînent avec deux heures de français).
Et je travaille deux fois et demi après la récréation de l'après-midi, dans cette heure que je qualifierais d'heure interdite, comme, il est vrai, tout ce qui arrive après 15h30.
Et je commence deux fois à 10h.

Je préfère m'arrêter là, on pourrait me répondre que je n'ai aucune raison de me plaindre, que j'ai deux mois de vacances l'été et presque autant le reste de l'année, que je n'ai même pas vingt heures de travail par semaine et que, franchement, je suis un privilégié.
Mais ho, est-ce que je me plains?!

Voilà maintenant une semaine que je vis au milieu des livres de maths, des feuilles volantes, des classeurs prêts à exploser... Enfin, en vrai, ça fait deux mois, mais vous comprenez, j'ai commandé de nouvelles étagères, alors ça n'a pas grand intérêt de trop ranger quelque chose qu'on devra, de toute façon, déplacer si peu de temps après!
Si?
En tout cas, après avoir rangé, jeté, trié des centaines de feuilles de papier, mis en place une ébauche de progression idéale en sixième, il y a un point évident: je ne suis pas du tout prêt pour retourner à l'école.


L'école des Schtroumpfs - Les Schtroumpfs et Dorothée

Allez, les p'tits schtroumpfs, venez par ici, j'ai quelque chose à vous dire.
Allez, dépêchez-vous… vite, vite !
Le Grand Schtroumpf m'a demandé

De nous donner un baiser
Mais non, de vous éduquer
Nous apprendre à s'amuser
Mais laissez-moi donc parler
On t'écoute Dorothée
Il faudrait que vous sachiez
Nous promener et chanter
Vous n'avez pas bien compris
C'est d'école dont il s'agit !

Ce qu'on préfère à l'école
C'est les vacances
Ce dont on raffole
C'est les vacances
À bas les heures de colle
Vive les vacances
Ce qu'on préfère à l'école
C'est les vacances


Combien font 4 et 17 ?
Ça doit faire à peu près schtroumpf
La circonférence du cercle ?
Moi je sais : c'est 2 Π schtroumpf
Où se trouve la Finlande ?
Juste au-dessus de la Schtroumpf
La capitale de la Hollande ?
Vaut mieux d'mander au Grand Schtroumpf
Vous êtes tous des gentils Schtroumpfs
Mais je vous mets zéro à schtroumpf !

Ce qu'on préfère à l'école...

Hé bien puisque c'est comme ça voyons un peu l'Histoire maintenant…
La bataille de Marignan ?
A eu lieu il y a longtemps
L'époque des rois fainéants ?
Moi j'aime pas les fainéants !
Qui a tué Henri IV ?
En tous cas c'n'est pas les schtroumpfs
Et qui était Ravaillac ?
Vaut mieux d'mander au Grand Schtroumpf
Vous êtes tous des gentils Schtroumpfs
Mais je vous mets zéro à schtroumpf !

Ce qu'on préfère à l'école...

Mais j'sais plus quoi faire moi…
Mais allez-vous vous taire ?!
On n'veut pas t'ennuyer mais…
Ce qu'on préfère à l'école...

Et puisque c'est comme ça
On part en vacances !

G. Berhle / Frankfurter / Wienneke - Adapt: JF Porry
1983 Dutchy Publishing BV

27 août 2011

Les schtroumpfs oubliés de la chanson schtroumpf (4)

Lors de mes mirobolantes vacances de trois jours, que j'ai évoquées précédemment, j'ai eu l'occasion de passer par le Luxembourg. Le terme occasion est un peu ambigü, car il laisserait penser que j'ai eu le choix alors que, en fait, pour aller là où j'allais, il était indispensable d'y passer. Notez que je reste ici dans le purement factuel, et qu'il ne faut pas entendre de côté négatif dans l'expression y passer. C'est juste ce qu'il s'est passé, j'y suis passé. Ce n'était pas particulièrement une corvée, comme si quelqu'un déclarait «alors, il y a sept personnes et trois lits, alors il va falloir y passer, mais quelqu'un dormira sur le canapé». Non, rien de tout cela!
Je serais bien embêté pour donner un avis sur ce pays, alors que tout ce que j'en sais, à peu près, c'est que mon téléphone portable a troqué un F Orange contre un L Tango, et que ça m'a fait rire. Pensez, je n'ai même pas eu le temps de me demander s'il existait des boules à neige avec le Luxembourg dedans. Ou un quelconque monument notable, au moins. S'il existe un monument notable au Luxembourg.
Je m'en veux beaucoup, d'ailleurs, de ne pas avoir eu cette présence d'esprit. Ce n'est pas tous les jours qu'on passe au Luxembourg et d'ici à ce que j'y retourne...

Mais tout de même, si, j'ai pu constater que, dans une presse luxembourgeoise (en tout cas à la gare de Luxembourg), on peut s'acheter Public-Belgique, CinéTéléRevue ou TéléMoustique, comme si on était en Belgique. Des comics avec Donald en allemand, aussi, mais en l'occurrence, on s'en fiche. Il y a aussi des gâteaux locaux au chocolat belge, de chez Milka ou Lu, les LEO Go! ou les Cha Cha Maxx, le second étant meilleur que le premier, si je me souviens bien et ne confonds pas (parce que, en fait, c'est un peu pareil). Enfin, quand un vendeur rend la monnaie au Luxembourg (du moins dans une gare luxembourgeoise), il dit s'il vous plaît, ce qui est logique puisqu'on répond merci. Tout ça pour dire que le Luxembourg, en fait, c'est un peu comme la Belgique. Tant qu'à faire, il vaut mieux aller en Belgique. Au moins, dans les boules à neige, il y a le Manneken Pis ou l'Atomium. En plus, au Luxembourg, comme en Belgique, on ne comprend parfois pas ce que les gens disent. Je ne parle pas ici de touriste chinoise qui demande si le train va à Luxembourg (ou autre chose, finalement), mais bien d'un contrôleur qui, après son bonjour, enchaîne des tas de mots qui ne veulent rien dire et conclut d'un au revoir pour faire illusion.
Un peu comme un contrôleur flamand, finalement.

J'ai déjà évoqué la stratégie schtroumpf d'utiliser avant tout le français pour se faire comprendre d'un large public, quitte à renier leur valeurs. Hé bien, imaginez si les Schtroumpfs avaient décidé de chanter une chanson en employant le schtroumpf et en s'adressant à un chanteur flamand!
Ceci est arrivé. En français, en flamand, en espagnol et en italien, mais toujours avec le même accent terrible, qui déteindrait presque sur l'accent même des Schtroumpfs, ce qui finit par faire beaucoup. Heureusement, par la suite, les Lutins Bleus se trouveront d'autres interlocuteurs que Vader Abraham, mais il fallait souligner ici que c'est lui qui, le premier, atteignit le Pays Maudit.
Après Johan et Pirlouit, évidemment, mais eux n'ont jamais écrit de chansons pour l'Eurovision.

La chanson des Schtroumpfs - Les Schtroumpfs et Vader Abraham

D'où venez-vous mes petits ?
Du pays des Schtroumpfs, pardi !
Pourquoi êtes-vous tout bleu ?
Parce que le Grand Schtroumpf le veut
Faites-vous de la musique ?
Avec la flûte magique
Trouvez-vous que ça fait schtroumpf ?
Surtout quand elle a six schtroumpfs
Vas-y mon gars...

À vous maintenant
Lalala lalalalala lala
Lalala lalalalala lala
Lalala lalalalala lala, lalala
La seconde fois
Lalala lalalalala lala
Lalala lalalalala lala
Lalala lalalalala lala, lalala
Tous ensemble
Lalala lalalalala lala
Lalala lalalalala lala
Lalala lalalalala lala, lalala

Vous me semblez si petits
C'est vous qui êtes maxi
Êtes-vous tous des savants
Oui quand nous avons cent ans
Que faites-vous de vos bonnets?
Nous ne les schtroumpfons jamais
Ça fait toute une chanson
Schtroumpfons-la à l'unisson
Lalala lalalalala lala...


Savez-vous planter les choux ?
Oui, si vous schtroumpfez les trous
Aimez-vous manger des frites ?
Seulement quand elles sont cuites
Ce que vous dites est marrant
Ça fait schtroumpfer les enfants
J'aime votre bonne humeur
Alors schtroumpfons tous en chœur
Lalala lalalalala lala ... (Ad lib)
E. Darniff/ P. Kartnerr
1977 Pink Elephant

26 août 2011

Schtroumpfs à la une

Lalala schtroumpf lala
Schtroumpfe un air joyeux
Lalala schtroumpf lala
Tout ira bien mieux !

Si vous en doutiez, l'anthologie musicale de l’œuvre des Schtroumpfs n'est pas encore tout à fait terminée en ces pages. Et cependant, ce n'est pas de cela qu'il est ici question. Ni de mon absence inexpliquée, qui le sera peut-être, ou pas, puisqu'on sait très bien que, entre une envie d'écrire et l'écriture effective, il y a un pas à franchir. Non, il est bel et bien question de Schtroumpfs. Car, non content d'avoir été les vedettes hebdomadaires de ce blogue en juillet (et encore un peu dans le futur, donc), les lutins du Pays Maudit se retrouvent également vedettes d'un film de cinéma, mais aussi objets d'une exposition, certes au milieu de toutes les autres créations de Peyo, mais avec une place prépondérante malgré tout, puisque, de toute façon, fût-ce par la force des choses, ils ont eu une place prépondérante dans l’œuvre de Peyo, voire écrasante.

Viens au pays des Schtroumpfs
Ces petits êtres bleus...

Néanmoins, les dizaines de planches exposées pour quelques jours encore à la galerie Artcurial, sur les Champs-Élysées, rappellent à quel point les planches que Peyo fit dans les années 1950, pour Johan et Pirlouit, sa première série à succès et sa préférée, étaient techniquement parfaites avec une lisibilité incroyable. Ou encore que ses histoires de Poussy sont des trésors méconnus de simplicité qui mériteraient amplement que les Éditions Dupuis, qui font ça si bien, consacrent une intégrale à cet animal comme les autres. L'exposition permet également de découvrir son travail réalisé autour du scoutisme, à ses débuts puis pour des calendriers dans les années 60, poussant un magazine d'alors à oser le parallèle avec Hergé. Parallèle qui n'est, logiquement, pas dans l'expo, mais qui n'aurait pourtant pas été si bête. Comme Hergé a redessiné ses premiers Tintin pour les faire passer de volumineux albums en noir et blanc aux standards en couleurs, Peyo a dû retravailler sur ses premiers Schtroumpfs, initialement parus en mini-récits à fabriquer et complètement refondus pour devenir de «grands» albums. Et ça, l'expo a la bonne idée de le montrer, en proposant côte à côte quelques versions alternatives.

Mais surtout, comme Hergé, Peyo s'est entouré de nombreux collaborateurs pour réussir à combiner ses personnages et leur exploitation commerciale. Et ça, l'expo a la curieuse idée de ne pas tellement le mentionner, et ce sera mon principal regret à son égard. S'il est noté que Will a collaboré aux décors aux débuts de Benoît Brisefer et qu'il a également illustré les premières aventures de Jacky et Célestin que Peyo scénarisait, il est plus que regrettable que le nom de Walthéry ne soit jamais mis en valeur, alors que certaines planches exposées sont visiblement de lui à 100%. Dans une autre salle, on évoque Gos parlant de Franquin, ou Roger Leloup sorti de chez Hergé, mais Wasterlain, Derib, Blesteau, De Gieter sont peu ou pas du tout présents...
Mais ce n'est qu'un détail, après tout, car l'essentiel, ce sont les planches. Et puis, comment pourrait-on en vouloir à une expo qui rappelle que Dorothée a chanté pour les Schtroumpfs et vendu un million de 45T?

Lalala schtroumpf lala
Viens schtroumpfer en cœur
Lalala schtroumpf lala
Ça t'port'ra bonheur !

D'ailleurs, comment pourrait-on en vouloir à un film qui, au détour d'une de ses répliques, n'hésite pas à mettre les pieds dans le plat et d'oser l'affirmer: cet air (Schtroumpf La La) est un peu agaçant!
Et en plus de ça, il reste horriblement en tête.

Et, croyez-le ou non, mais ce n'est pas la seule qualité des Schtroumpfs en 3D, même vus en 2D le jour de la sortie dans une salle absolument pleine de tas d'enfants. Ah, oui, je le reconnais, j'ai eu peur. En voyant ces Schtroumpfs beaucoup trop réalistes, à mille lieues du dessin de Peyo, et même pas capable de laver leurs vêtements à la javel pour retrouver un blanc immaculé. Et ce village avec ces petites maisons en forme de champignons, là encore beaucoup trop crédibles et donc pas du tout «magiques». Et, parlant de magie, cette espèce de mur invisible que les cigognes traversent pour accéder au Pays Maudit et qui le rend introuvable pour le commun des Mortels... Ou cette manie qu'a Gargamel d'utiliser sa baguette magique à tout va, plutôt que de faire des potions! Et puis ces répliques où on remplace des gros mots par le mot schtroumpf ou un dérivé, pour dire «Attention à mes schtroumpfougnettes» ou «Parle à mon schtroumpf», alors qu'on ne parle jamais le schtroumpf par ailleurs. Était-ce vraiment pire que ce Schtroumpf qui demande si on l'a pris pour un bleu ou cette blague d'un Schtroumpf à un autre: qu'est-ce qu'on obtient quand on croise une vache et un Schtroumpf?

Je sais, dit comme ça, ça semble faire beaucoup. Mais finalement, tout ça se passe au début du film et il faut savoir aller au-delà!
... Même si, arrivés dans le monde moderne, les Schtroumpfs en profitent pour faire une promotion peu discrète du Blu-Ray (ha ha) ou du Blue Man Group (ha ha), de Google, de Wikipédia, des produits high-tech de chez Sony (c'est un film Sony Pictures Animation mais c'est sûrement une coïncidence), de Hello Kitty et des M&M's en passant dans un magasin de jouets, des drones télécommandés ou encore de Guitar Hero, même si ce dernier cas s'accompagne d'une ritournelle hautement sympathique mêlant rock et Schtroumpf la la.

La la lalalala
La la la lala

Je sais, dit comme ça, ça semble faire beaucoup.
Mais il faut toujours se méfier des films avec des acteurs de séries télé (et ici, il y en a: de How I met your mother, de Modern Family, de Glee, des Simpson...), non?
Et je n'ai pas parlé des gags avec les méchants auxquels on pique les fesses ou qu'on envoie dans les poubelles, comme dans Maman, j'ai raté l'avion!, parce que ce serait oublier que c'est un film pour les enfants. Et du coup, puisque c'est un film pour les enfants, on oubliera de chercher un message sur le métier de publicitaire, dont on oublie trop souvent que ce sont des gens qui nous vendent du rêve.
Voilà, on oubliera.

Mais, à force de voir le mal partout, on peut aussi apprécier l'existence du Schtroumpf narrateur. Ou même souligner le fait que les scénaristes n'ont pas oublié que c'est Gargamel, le créateur de la Schtroumpfette. Ça permet de compenser (un peu) le fait que les six Schtroumpfs propulsés au XXIe siècle sont le Grand Schtroumpf, la Schtroumpfette, le Schtroumpf à lunettes, le Schtroumpf grognon, le Schtroumpf maladroit et... le Schtroumpf Écossais téméraire! Et puis, pouvait-on s'attendre à trouver, au détour de l'intrigue, une encyclopédie schtroumpf illustrée en français dans le texte par Peyo, dont le nom est cité plusieurs fois? Alors, certes, on n'est pas dans la même fidélité par rapport à l’œuvre que dans Le Chat du rabbin ou Titeuf, le film, mais, finalement, par rapport à L'élève Ducobu...

Enfin, surtout, malgré tous ses défauts, Les Schtroumpfs en 3D est porté par un Neil Patrick Harris exemplaire avec tous ses partenaires, humains ET schtroumpfs, qu'il semble vraiment s'amuser et que cela se voit (particulièrement dans la séquence finale du film). Et que le film a su exploiter parfaitement le potentiel des caractères des Schtroumpfs mis en scène, des classiques et «faciles» Schtroumpfs grognon et à lunettes (dont le doublage par Lorànt Deutsch est évident!) aux Shtroumpfs maladroit, Grand et -ette, qui, l'un après l'autre, se révèlent touchants et apportent une vraie émotion dans le récit. Alors, oui, peut-être faut-il être conciliant, mais il est vraiment possible d'oublier progressivement les défauts du film et cette vanne désolante du bleu d'Auvergne, au fil de ses bonnes surprises. Au point que, vraiment, quand arrive le générique, on peut sérieusement avoir envie de voir une suite (car suite ce film appelait, avant même de savoir que suite il y aurait).

12 août 2011

La même histoire

Il y a cinq ans, c'était la première fois que je passais l'été sans aller en Auvergne. Plus exactement, je n'ai même pas bougé du tout, même en étant chez moi, écrasé par la chaleur du mois de juillet. Le mois d'août, je ne m'en souviens plus, c'était il y a cinq ans... Je sais que j'ai aimé cet été, pour l'espèce de liberté que j'y ai trouvé, pour ma découverte du Clown, pour ma première visite sur les Champs-Élysées pour voir passer le Tour de France. Et aussi parce qu'il marquait une fin et un début, ayant passé l'été à attendre le lieu où j'allais travailler, qui ne vint finalement qu'après la mi-août.
Il y a cinq ans, Cars, quatre roues sortait au cinéma. J'en ai écrit une critique, je m'en souviens, même si, comme le reste, elle a disparu dans les limbes de l'internet. Et c'est un peu dommage, parce que, si je me souviens l'avoir écrite, je ne sais plus vraiment ce que j'y écrivais... J'avais aimé, je crois. Mais sans être extatique, probablement.

C'est un fait: je crois bien n'avoir absolument jamais regardé le dévédé, ni même avoir vraiment eu envie de le regarder, pas plus quand le film est passé sur M6 récemment. C'est parce que, avant tout, j'ai le souvenir d'un film sérieux. Un peu comme avec Les Indestructibles.
Sauf que Les Indestructibles, même si c'était il y a des années, je l'ai revu. Et que je sais que j'avais même de nouveau aimé! Si, si, je me souviens avoir écrit quelque chose de ce genre dans un billet-questionnaire où il était question du dernier film vu en dévédé.
Mais probablement que, dans mon imaginaire, des superhéros ou des voitures me semblent moins fun que, par exemple, les jouets de Toy Story. Et dans mon souvenir, leurs péripéties sont bien moins fortes émotionnellement, que celles contées dans WALL●E ou Là-haut.
Autant dire que, si je suis allé voir Cars 2, c'est plus par habitude que par envie.
Et...

Passée la joie de voir un logo célébrant les 25 ans de Pixar en ouverture (rien à faire, j'aime ce genre de célébrations), la scène d'ouverture, avec infiltration, explosions, objet mystérieux et véhicule tout-terrain était très bien, tant graphiquement que rythmiquement, mais elle a été un élément de plus pour ne plus savoir quoi penser de Cars, quatre roues, tant ça me semblait différent... Et j'ai eu cette sensation pendant une partie du film, un peu désagréable, une partie du film, le temps d'être sûr qu'il s'agissait bien d'un film d'espionnage entremêlé de séquences de courses de voitures très bruyantes. Pas de quoi me faire sauter sur mon fauteuil, donc... Au contraire, même, parce que, si Martin a un potentiel comique sans doute important, le voir propulsé en héros dans ce Cars 2 m'a paru, plusieurs fois, réellement embarrassant, en dépassant le statut de gentil nigaud pour celui d'imbécile heureux. Et ça, ça ne m'a pas fait tellement rire.
D'ailleurs, c'est bien simple, rien, absolument RIEN, dans Cars 2, ne m'a fait rire, mais je ne sais même pas si, en dehors de quelques répliques de Martin, les scénaristes aient eu cette ambition-là pour les spectateurs. J'ai souri, parfois, en repérant un restaurant Gastows dans les rues de Paris ou un sponsor dont le nom évoquait largement celui de John Lasseter, mais c'étaient des sourires de connivence, du genre ouais, les gars, bien joué, j'ai vu vos petits clin d’œil (étant entendu que, en vrai, je ne dis pas les gars), pour des moments hors du film.

Alors, arrivé à la fin du film, en n'étant même pas sûr d'avoir bien compris le message écologique du film (en fait, en étant même sûr du contraire), j'ai eu un gros problème, je n'avais pas le sentiment d'avoir passé un bon moment. Mais sans non plus, vraiment pas!, avoir passé un mauvais moment.
Finalement, 2006-2011, c'est la même chose.
Sauf que je poste beaucoup moins qu'avant.
Et que cette année, je pars au moins un weekend en plein milieu du mois d'août.

2 août 2011

Les courses, c'est ma grande passion

Dimanche soir, en répondant Le Journal de Mickey à ma télé, alors que Julien Lepers venait juste de parler, en pleine zone des quatre points, d'un magazine créé par Paul Winkler en 1934, j'ai réalisé que j'étais en train de regarder Questions pour un super champion et que cette fois, c'était bien fini! Et cette sensation n'a fait que se confirmer lorsque j'ai houspillé des candidats prétendument super mais néanmoins incapables de citer Sylvie Vartan à la simple évocation de Panne d'essence: ce soir-là, pour la première fois depuis des semaines, je ne regardais pas Stade 2.
Depuis trois semaines, en fait.
C'est que, voyez-vous, cette année, le Tour de France a été passionnant!

Lorsqu'il a commencé, le mois dernier, je craignais un peu de passer des heures devant ma télé, pour assister en première semaine à une succession d'échappées rattrapées à dix kilomètres de l'arrivée avant une victoire de Mark Cavendish, qui pleurerait pendant une interview de Gérard Holtz, avec lequel une relation particulière semblerait s'installer au point qu'il l'appellerait simplement Gérard. Puis à des étapes de montagne sans attaque des leaders, vaguement pénibles à regarder jusqu'à la dernière où, enfin, le favori se montrerait, lui permettant de gagner face à son dauphin avec une avance d'une minute au classement général.
Si, ce sont des choses qui arrivent. C'est clairement ce que j'ai ressenti en 2010.


Mais finalement, il y a eu des chutes (beaucoup), Alberto Contador était en retard dès la première étape, le poussant à attaquer à Mûr-de-Bretagne et, si le fait d'avoir trouvé une côte en Bretagne ne suffisait pas, il y a eu aussi l'arrivée à Lisieux, et finalement, autre chose à voir que des sprints massifs tous les jours. Une voiture a envoyé, par ricochet, un cycliste dans les barbelés, Thomas Voeckler a décroché le maillot jaune à Saint-Flour et Thierry Adam un début d'attaque cardiaque. La première d'une longue, d'une interminable série.

Sans doute que les étapes pyrénéennes auraient été moins passionnantes si Voeckler n'avait pas su résister aux attaques d'Andy Schleck dans le plateau de Beille, et de quelle façon! Et de quelle façon il a su se dépasser, encore, aidé par Pierre Rolland, toujours là, en arrivant dans les Alpes, pour garder ce maillot jaune le plus longtemps possible.
Et comme Andy Schleck a été impressionnant, pourtant, en attaquant à deux cols de l'arrivée au Galibier, suivi par une escorte conduite par un Cadel Evans imperturbable.
Et comme Alberto Contador a été surprenant, en attaquant le lendemain presque au début de l'étape, poussant Voeckler dans ses derniers retranchements, tandis que Pierre Rolland se révélait en remportant la victoire à l'Alpe d'Huez.
Et comme Cadel Evans a été stupéfiant, le lendemain, regagnant tout le temps perdu, et en gagnant bien plus que nécessaire, dans un contre-la-montre exemplaire, tant pis s'il fait un vainqueur un peu triste parce qu'il n'a jamais attaqué (mais qu'il a toujours été juste derrière).
Et comme Mark Cavendish et les HTC ont été exemplaires, dans leur travail d'équipe pour passer les Champs en premier, en écrasant la concurrence et remporter enfin un maillot vert!


Comme tous les ans, je suis finalement incapable de citer les noms de tous les vainqueurs d'étape, je commence déjà à en confondre certains et, quand on reparlera du Tour de France l'été prochain, j'aurai probablement oublié, malheureusement, les folles échappées de Jérémy Roy dans les Pyrénées ou la simple existence de Samuel Sanchez alors qu'il a fini avec le maillot à pois et qu'il le méritait, mais c'était un vrai Grand Tour de France, avec des drames, des chutes, des victoires, des désillusions, des attaques, des stratégies, des erreurs. Et même Tina Arena pour chanter sur les Champs!
Autant dire que je n'ai pas regretté de ne pas être sorti de chez moi, ou si peu, pour suivre la course et écouter Laurent Jalabert dire le contraire de Thierry Adam, puis Thierry Adam dire le contraire de Thierry Adam à son tour.
Autant dire, surtout, que j'ai adoré vivre le départ de la dernière étape dans ma ville, repoussant pour cela des vacances auvergnates qui ne devaient finalement jamais avoir lieu, réduisant du même coup ma consommation de brioches aux pralines, pour voir Mark Cavendish en vrai, crier au passage de Thomas Voeckler devant moi, frapper les ballons Festina de la caravane l'un contre l'autre pour faire du bruit -à défaut d'avoir eu un clap Banette- avec une casquette Belin (comme les crackers Belin) sur la tête pour éviter de prendre un coup de soleil à force d'attendre trois heures en plein soleil pour un instant qui ne dure finalement que trop peu de temps.

30 juillet 2011

Les schtroumpfs oubliés de la chanson schtroumpf (3)

La semaine qui vient de s'écouler est passée horriblement vite. C'est que, voyez-vous, il m'a fallu l'occuper de mille façons pour ne pas voir combien ma vie était devenue vide de sens depuis la fin du Tour de France, mais je crois pouvoir dire que je commence à m'en remettre. Et puis, surtout, il a fallu trouver un cadeau pas trop mal pour les soixante ans de ma mère, en gardant en tête que, de toute façon, elle ne lit pas les livres, n'écoute pas les disques et ne regarde pas les dévédés. Ou ni ne regarde les dévédés.
Je crains que, grammaticalement, ma phrase ne soit pas bien belle.
Sur le plan de la morale aussi, bien sûr, parce que, lorsqu'on fait un cadeau, et plus encore à sa mère, il faut que ça vienne du fond du cœur, et peut-être plus plus encore quand les circonstances sont différentes des anniversaires précédents, ajoutant à cela qu'on tombe sur un compte rond, mais bon, elle s'est déjà offert un ordinateur portable pour pouvoir jouer au Free Cell même en vacances, alors son rêve ultime est sans doute atteint. Et puis, il faut aussi penser que je dois désormais m'occuper de l'anniversaire de ma sœur, qui a lieu dans six jours, quand bien même elle le fêterait dès ce soir avec ses amis, ce qui est psychanalytiquement intéressant, tout en prouvant qu'elle n'est pas superstitieuse. Ou qu'elle fait passer des cadeaux avant sa propre vie. Et bon, c'est pas comme si j'avais offert un bon d'achat de dix euros chez Carrefour, non plus, hein! Au contraire, j'ai même tenté de braver les difficultés, en cherchant un truc qui ferait mouche malgré tout. Et c'était facile, en fait, Fred Vargas a sorti un nouveau roman.
En tout cas, je me souviens que dans une rédaction au collège, une de mes profs de français avait barré une construction du type et ne pour m'inciter à utiliser le ni. J'imagine donc que je ne suis pas au point et ne maîtrise pas encore toutes les règles du français.
Mais je m'égare, car aujourd'hui, on parle de schtroumpfs oubliés de la chanson schtroumpf, pas de grammaire!

Oh! Et puis si, tiens!
Avez-vous remarqué cette curieuse particularité des deux chansons déjà présentées?
Mais si, enfin, voyons!
Quand les schtroumpfs parlent entre eux, c'est logique, ils se parlent en schtroumpf. Ce qui, vu d'un œil béotien, ressemble beaucoup au français mais en remplaçant quelques mots par le mot schtroumpf ou un de ses dérivés. Et pourtant, lorsqu'ils chantent, les Schtroumpfs s'expriment dans un français parfait, sans même une pointe d'accent.
Les mauvaises langues diront que c'est pour percer plus facilement sur le marché international et amasser des brouettes de salsepareille, parce que le Pays Maudit est un endroit beaucoup trop restreint pour des êtres aussi ambitieux!
Peut-être.
Mais surtout, il faut bien le dire, le schtroumpf n'est pas si facile à parler que ça.
Oh non!

Il existe même de terribles tensions chez les linguistes, pour désigner telle ou telle notion, parfois pourtant si bête. Comme cette querelle des Modernes et des Anciens quant à savoir s'il vaut mieux parler d'un tire-bouschtroumpf ou d'un schtroumpf-bouchon, qui déboucha tantôt sur une véritable lutte communautaire des plus terribles. Alors autant dire que quand, dans La leçon de schtroumpf, Pirlouit tente de s'intégrer en demandant un schtroumpf de schtroumpf, il rouvre une plaie encore si douloureuse.
Surtout que, pour donner un schtroumpf de schtroumpf, ça peut servir, un tire-bouschtroumpf schtroumpf-bouchon tire-bouschtroumpf schtroumpf-bouchon tire-bouschtroumpf schtroumpf-bouchon


La leçon de schtroumpf - Les Schtroumpfs

- Petits Schtroumpfs je voudrais schtroumpfer
- Ohé les Schtroumpfs, il voudrait schtroumpfer
- Schtroumpfer ?
- Schtroumpfer ?
- Schtroumpfer ?
- Moi je n'aime pas schtroumpfer

- Pour schtroumpfer, il vous faut un schtroumpf

- C'est ça un schtroumpf, il me faut un schtroumpf
- Un schtroumpf ?
- Un schtroumpf ?
- Un schtroumpf !
- Moi je n'aime pas les schtroumpfs

- Voici votre schtroumpf

- Comment ça mon schtroumpf ?
- Ah oui c'est le schtroumpf que vous avez demandé
- Ce n'est pas un schtroumpf
- Ah mais si, un schtroumpf
Un schtroumpf schtroumpfe schtroumpf quand on veut schtroumpfer

- Non
Écoutez, je voudrais schtroumpfer
Un schtroumpf de schtroumpf, c'est pas compliqué
- Schtroumpfer ?
- Un schtroumpf ?
- De schtroumpf ?
- Moi je n'aime pas le schtroumpf

- On s'est donné du mal, mais on a schtroumpfé

Le schtroumpf de schtroumpf que vous avez demandé
- Moi ? Mais je n'ai jamais demandé ce truc-là
Un schtroumpf de schtroumpf, c'est pas du tout comme ça !
- Voilà, voilà, voilà, j'ai schtroumpfé ici
Un schtroumpf de schtroumpf

- Mais non, mais non
- Mais si
- Ne les écoutez pas j'ai le schtroumpf de schtroumpf
- Je n'aime pas les schtroumpfs de schtroumpf

- C'est un schtroumpf que j'ai demandé

Un schtroumpf de schtroumpf pour pouvoir schtroumpfer hé !
- Un schtroumpf ?
- De schtroumpf ?
- Trois schtroumpfs ?
- Moi je n'aime pas trois schtroumpfs

- Est-ce un schtroumpf que vous désirez ?

- Un schtroumpf ?
- Un schtroumpf ?
- Ou encore un schtroumpf ?
- Mais non,
je veux
schtroumpfer
- Moi je n'aime pas les gens qui sont pas fichus de se décider

- Mettons-nous d'accord, vous voulez schtroumpfer ?
Alors il fallait nous demander un schtroumpf
- C'est ce que j'ai fait
- Vous vous êtes schtroumpfé
- Schtroumpfer, ça se schtroumpfe avec un schtroumpf de schtroumpf
- Oooh

- Quand on schtroumpfe, il faut bien schtroumpfer

Schtroumpfer, schtroumpfer, ce n'est pas schtroumpfer
- Je schtroumpfe
- Tu schtroumpfes
- On schtroumpfe
- Moi je n'aime pas schtroumpfer
- Grammaticalement le verbe irrégulier

Prend un s à la deuxième personne du singulier
Et quand on parle schtroumpf il faut respecter
La règle de l'accord du participe passé
Ce que l'on schtroumpfe bien se schtroumpfe clairement
Et le schtroumpf pour le dire arrive schtroumpfement
Vingt fois sur le métier reschtroumpfez votre schtroumpf
- Moi je n'aime pas schtroumpfer mon schtroumpf

- Qu'est-ce qu'il schtroumpfe ?
- Ce n'est pas normal !
- Mais schtroumpfez-le
- Vous vous sentez mal ?
- Tenez !
- Un schtroupmf
De schtroumpf

- Non je ne veux plus schtroumpfer !


Yvan Delporte / Michel Legrand
1975 Les Prod Michel Legrand