11 novembre 2009

L'année prochaine prochaine prochaine si tout va bien

Depuis Danny Boyle, on savait que le soleil allait mourir en 2057, mais on ne nous avait pas parlé des éruptions énormes qui allaient se produire en 2012, que les Mayas avaient pourtant prédit il y a des millénaires, ce qu'on aurait donc pu savoir aussi si, au lieu de les exterminer, on s'était un peu intéressé à leur science. Et, si 2057 est encore un peu loin et que nous serons tous morts d'ici là (surtout parce que 2012 vient avant), 2012, c'est déjà demain et demain, c'est aujourd'hui. La preuve, en 2012, la technologie des portables (ordinateurs ou téléphones) n'aura tellement pas évolué par rapport à 2009 qu'on pourrait même la trouver déjà archaïque, du moins si on en croit le film de Roland Emmerich.

C'est un «si» qui change tout, parce que, si on se souvient du Jour d'après (et on s'en souvient forcément), on ne peut que trouver un peu grotesque le cyclone de froid qui fait froid mais pas trop (mais si, la scène des loups!). Du coup, puisque les théories scientifiques de Roland Emmerich sont parfois un peu fumeuses, pourquoi pas ses représentations de la technologie moderne. Mais en fait, on s'en fout, parce que 2012 est juste jouissif, de son presque début à sa presque fin et excuse d'un coup l'existence de Godzilla, voire de 10 000. Le film est la preuve que Roland Emmerich peut faire des bons films même sans une chanson de Chimène Badi dans le générique (ce qui aurait été sans doute fort agréable, mais la musique de 2012 a déjà tellement de faux airs de celle du Jour d'après qu'on ne va pas cracher sur le rock FM proposé à la place, qu'on peut de toute façon ne pas écouter en partant tout de suite de la salle sans regret de rater quoi que ce soit douze minutes plus tard).

C'est même un peu le film-catastrophe ultime, avec absolument tout dedans. Un peu de pseudo-sciences (le soleil et ses éruptions, donc), une grosse larme de bons sentiments (un couple divorcé et les enfants qui préfèrent beau-papa à papa), un soupçon de critique du monde actuel (un Noir est à la tête de la Maison-Blanche et, évidemment, c'est la fin du monde!... ah non, la «critique» n'est pas là), une pincée d'audace allemande (quelle idée de mettre autant de Noirs dans le film, en plus du Président et de sa fille), un personnage forcément un peu ambitieux et un autre qui se sacrifie évidemment ou un poil de grotesque (sincèrement, la mort du Directeur du Louvre sous le Pont de l'Alma, ça fait les gros titres de CNN?!). Mais surtout, des images-choc (la destruction du plafond de la Chapelle Sixtine, qu'on aperçoit dans la bande-annonce, est ma préférée) et, bien sûr, absolument tout qui pète.

C'est bien simple, une fois la fin du monde découverte par John Cusack, il se passe toujours un truc à l'écran, chaque fois plus impressionnant, les effets spéciaux étant absolument bluffants (sauf quand il roule en forêt et qu'on se croirait revenu dans les années 70 tellement on «voit» le fond vert). Tout explose, tout s'écroule, tout est chaos, à côté, et c'est juste jouissif à voir, sur un écran forcément géant. L'action est haletante, les acteurs sont à fond, les personnages se croisent, s'éloignent, se retrouvent, tout le monde meurt mais on ne sait pas qui y passera vraiment, on retient son souffle et on pousse les manettes pour que l'avion décolle... Et en plus, dès que ça devient trop sérieux, le personnage de John Cusack est là pour faire une blague, qui a l'avantage d'être vraiment drôle... Et sur la (longue) fin, quand elles disparaissent, le temps qui passe se fait effectivement un peu plus sentir, même si, plongé dans le film, on pourra être sensible (ou pas) aux bons sentiments déployés à l'image, avec d'un coup un peu moins de finesse (hum... tout est relatif, sur ce point). Malgré tout, en sortant de la salle, tout ça donnerait presque envie d'être revu si 2012 ne durait pas, quand même!, 2h40.

Et puis, si vous allez voir le film, vous pourrez peut-être me répondre: qui est le secouriste-mignon-à-deux-répliques à côté du Président?

9 novembre 2009

La nouvelle Star Academy

Ainsi donc, c'était ça, X Factor.
Je dois dire que, en voyant (enfin, en écoutant d'une oreille distraite et d'un demi-œil tourné vers la télé) les phases de casting, l'utilité même de l'émission ne me semblait pas évidente. Des gens derrière une table, face à des gens debout qui chantent plus ou moins bien et attendent un oui ou un non pour Paris, c'est quand même un peu beaucoup Nouvelle Star et, au vu de la dernière saison, une seule édition par an est bien suffisante. Et non, l'argument des catégories (16/25 ans, plus de 25 ans et groupes) ne crée aucune légitimité!
Puis il y a eu les journées de coaching, dignes de Popstars, mais en moins poussé, juste histoire de ne garder que trois candidats par catégorie et si possible pas trop de recalés des castings de la Nouvelle Star qu'on aurait beaucoup vu à l'antenne avant qu'ils ne disparaissent assez mystérieusement ou sans raison apparente, par la magie du montage pourri et trompeur.
Et ce soir, enfin, ils chantaient des chansons entières dans un vrai décor de télévision devant une foule en délire munie de panneaux pour soutenir leurs nouvelles stars (qu'elle a dû apprendre à connaître en regardant bien plus fidèlement que moi les émissions précédentes au lieu de se laisser rebuter par la première et ses candidats-casseroles davantage mis en valeur que les candidats sélectionnés) et voter dès le début de l'émission avant même la moindre note poussée.


Et, d'un coup, X Factor n'était pas qu'un Nouvelle Star en rouge!
Dans X Factor, chaque juré travaille vraiment avec ses trois «poulains», c'est même lui qui choisit les chansons. Du coup, chaque juré défend aussi bien plus ses chères ouailles que celles de ses deux collègues-concurrents, ce qui permet un peu de mauvaise foi mais aussi une certaine objectivité face à une adaptation pas folichonne d'un titre de ABBA ou d'Amel Bent, un peu comme si tout le jury était composé de Sinclairs-qui-dit-ce-qu'il-pense-tant-il-sait-qu'il-ne-resignera-pas (même si ça ne l'empêche pas de dire aussi de la merde).
Mais plus encore, les candidats n'ont peut-être un groupe de rock ultra-top de la mort qui tue sa race, mais ils ont, si besoin est, des choristes, des danseurs ou des chorégraphies, sur le seul numéro (le mot est important) qu'ils ont à défendre de la soirée, sans collégiale autour pour réaliser que non, vraiment, en dehors de Quelqu'un m'a dit, untel chante franchement faux ou a une voix franchement nasillarde.

Ainsi qu'une star qui vient chanter devant eux et trouvera probablement les mots pour les soutenir (ou leur faire croire qu'il les invite réellement à chanter sur sa tournée, ébloui par leur talent, si c'est Johnny Hallyday). Et aussi la possibilité d'être sauvé par le jury, qui repêche l'un des deux moins aimés du public qui n'a donc pas complètement le dernier mot, ce qui serait complètement fabuleux si ça n'impliquait de devoir entendre une deuxième prestation desdits moins aimés candidats (qui ont donc des chances de n'avoir pas complètement assuré ou de n'être pas vraiment au niveau, donc qui pourraient pousser à zapper avant la fin sans savoir qui est finalement sauvé, étant entendu que l'élimination n'en est que probablement repoussée d'une semaine).

S'il n'y avait pas une absence totale d'images de leur vie privée, on pourrait réellement se croire un peu dans la Star Académy, ce qui est extrêmement cool. Comme à la Star Académy, il y a des boulets, qui ne sont là que pour l'image, mais il y a aussi des gens qui semblent intéressants et je le dis: si toutes les émissions ressemblent à peu près à ce premier prime, je suivrai assidument X Factor.
Et je soutiendrai Cyrielle, ou Gauthier Dymon et Flo, ou Basilic, ou Sébastien.
Ou peut-être d'autres, même.
Mais je n'aurais pas soutenu Cécile, alors ça tombe bien...

6 novembre 2009

Le vaste monde (incluant un passionnant débat sur les caisses)

Clairement, on ne peut que regretter que les vacances de la Toussaint ne se terminent pas un lundi matin, faisant fi de l'invention de la semaine, pourtant bien pratique depuis des millénaires, même si, a priori, dix jours, c'est beau et parfait. Pour me changer les idées, je m'étais dit que je devais bouger, aller à la rencontre des gens du monde, ou au moins aller quelque part... Finalement, je n'ai pas été beaucoup plus loin qu'au Carrefour d'à côté. Mais, la semaine dernière, j'ai réalisé quelque chose d'épatant: malgré mes nombreux passages à Carrefour, généralement toujours dans les mêmes tranches horaires, je ne vois pas les mêmes gens dedans. Exception étant évidemment faite du vigile à l'entrée, du peseur de fruits, des vendeurs de la boucherie/charcuterie et des gérantes des caisses automatiques. Mais les gens des caisses automatiques, ceux qui attendent comme moi et ceux qui se plaignent que c'est trop long ces trucs ça ne sert à rien à part faire perdre des emplois (ces derniers étant généralement particulièrement manchots pour faire passer un code-barres devant le laser rouge), ces gens-là ne sont jamais les mêmes!

C'est devenu une évidence, tandis que je réfléchissais à la file que je devais choisir, regrettant comme à chaque fois qu'il n'y ait pas une file pour toutes les caisses (mais je regrette ça tout le temps et pas seulement pour les caisses de Carrefour, étant absolument contre la caisse qui ouvre à côté et qui fait passer les gens qui viennent de se caler dans la file où je me trouve depuis cinq minutes sans pour autant être passé, ce qui peut m'énerver encore plus au Quick quand je suis seul à attendre entre deux caisses laquelle m'accueillera en premier jusqu'à ce quelqu'un arrive et ne comprenne pas ma position pourtant fort logique). En regardant les gens ne pas poser leur article sur le tapis roulant ou ne pas trouver l'énorme case rouge pour le paiement, je ne pus qu'affronter la vérité: je n'avais pas choisi la bonne queue, celle du charmant jeune homme qui sait exactement où il faut appuyer pour que ça marche et qui fait aimablement partager son savoir aux autres était faite pour moi! Et, en ne l'ayant vu que de trop loin, je ne pus que le voir partir encore plus loin (hors du magasin, en fait, ce qui est logique, puisqu'il avait payé), sans savoir sa destination, constatant une fois de plus que, avant de vouloir découvrir le vaste monde, je devrais apprendre à connaître les gens de ma ville...

Mais qu'importe! Deux jours plus tard, afin d'oublier cette déconvenue sentimentale avec Maxime (Maxime étant un choix complètement arbitraire basé sur rien, mais c'est mieux que «le charmant garçon de la file d'attente de Carrefour» qui est un qualificatif un peu trop long, en plus), j'avais décidé de ressortir de chez moi au lieu d'y déprimer et, en premier lieu, de prendre l'ascenseur. J'aurais pu passer par ma fenêtre, en la laissant entrouverte derrière moi, ou même par les escaliers qui montent, mais j'ai choisi l'ascenseur, ce qui semble être un signe du destin... Et en effet, là, qui vois-je, derrière les portes et descendant à mon étage?
Maxime, sortant en trombe mais non sans dire bonjour...

Et deux jours plus tard, en ouvrant la porte, qui fais-je sursauter parmi ces quémandeurs de bonbons pour Halloween?
Non, pas Maxime, heureusement!
Juste une de mes élèves qui ne s'attendait pas à voir son prof de maths et qui en a été visiblement dégoûtée au point de ne même pas réclamer ses Régalad, contrairement à son frère, également élève de profession.

Et trois jours encore plus tard, alors que je rentrais de Carrefour après ma visite du mardi et avec un sac très chargé, qui vois-je sortir de l'ascenseur?
Maxime, encore, avec un sac Carrefour vide destiné probablement à être rempli là-bas et un bonnet sur la tête parce qu'il pleuvait ce jour-là! Et qui, encore, me dit bonjour en passant, ce qui est probablement un signe.
Et, surtout, la confirmation que, avant de vouloir connaître les gens de ma ville, je devrais me focaliser sur la découverte de mes voisins d'immeuble, voire d'étage (ou des clients du Carrefour du mardi).

31 octobre 2009

Lucky de Daisy (Town)

Si ce blogue existe, c'est (un peu) à cause de Les Dalton, ce qui prouve que ce film n'aura pas complètement servi à rien, à défaut d'avoir marqué l'Histoire du cinéma ou fait décoller la carrière en France de Til Schweiger.
En sortant de la salle, il y a environ cinq ans, j'avais envie de donner mon impression sur ce film, en expliquant pourquoi il n'était pas si mauvais qu'on voulait bien le dire, et c'est ainsi que l'idée d'un blogue est apparue pour la première fois, avant de se concrétiser une quinzaine de jours plus tard, au détour d'une veille de réveillon de Noël et d'une finale chiante à périr de Star Académy. Notez que ce temps d'hésitation est finalement un peu regrettable, parce que je ne me souviens logiquement plus des arguments que j'avais en faveur de ce film, que je n'ai par ailleurs jamais revu depuis, notamment pour ne pas risquer de réaliser que je m'étais fourvoyé ou que je ne voulais soutenir ce film que pour aller à contre-courant. Je reste donc avec l'idée, cinq ans après, que Les Dalton n'est pas un si mauvais film que ça.
Alors que, trois jours après, je ne sais pas vraiment quoi penser de Lucky Luke.

Visuellement, c'est certain, c'est très beau. Les décors, les costumes, les effets visuels, difficile de reprocher quoi que ce soit au film sur ces points-là... Peut-être la mèche de Lucky Luke, qui sied mal à la tête de Jean Dujardin, mais bon... D'autant que par ailleurs, Jean Dujardin habite complètement Luke. Trop, par moments, au point que le personnage est un peu oublié derrière l'acteur quand il fait des blagues potaches à la Brice de Nice ou qu'il aime se battre comme OSS117. Mais il assure avec la dégaine du cow-boy et il est bien entouré. Sylvie Testud se détache en Calamity Jane, mais Melvil Poupaud (rhââ) assume totalement son Jesse James (il me faudrait relire l'album, pour être certain que c'est bien le même Jesse James que celui de la bédé), Michaël Youn est on ne peut plus à l'aise en Billy the Kid malgré ses fausses dents, tandis que Daniel Prévost, Jean-François Balmer, Alexandra Lamy ou Bruno Salomone font clairement ce qu'on leur demande...

Même au niveau du scénario, il n'y a pas vraiment de problème... Après tout, c'est un parti-pris de réalisateur/scénariste de vouloir remonter aux origines de la série, de donner des parents et un prénom à un personnage de bande dessinée. C'est discutable, mais assez audacieux, et cela permet de justifier d'autant plus facilement de ne pas être aussi drôle que Morris, Goscinny ou tous les scénaristes suivants... D'ailleurs, c'est bien simple, le Lucky Luke de James Huth n'est pas drôle. Il y a quelques gags disséminés tout au long des cent minutes de film, pour la plupart visuels, ainsi que quelques blagues briciennes honteusement efficaces (et des trucs à lire dans le générique fin, ça ne compte pas!), mais rien d'hilarant. C'est un peu décevant, venant d'un réalisateur de films plutôt humoristiques (Serial Lover, Brice de Nice, Hellphone, qui ne font pas l'unanimité, mais qui me font rire, moi, aux deux tiers) qui adapte une série essentiellement humoristique... Mais admettons, vouloir porter un regard adulte sur la série peut être intéressant, en se focalisant davantage sur le côté western. Même si, dans ce cas, on aurait pu tout autant adapter Jerry Spring ou Blueberry.

Le problème est que le film ne s'insère pas dans la mythologie. Et en cela, il ne PEUT pas être une aventure de Lucky Luke. Que ce ne soit pas drôle, qu'il n'y ait pas de Dalton ni de Rantanplan, que Lucky Luke s'appelle John... Tout ça n'est pas grave, parce qu'on a droit aux clins d'œil au Dr. Doxey, à Dick Digger, à Belle Starr, au Crabe aux pinces d'or (ah?) et au «I'm a poor lonesome cow-boy», mais ce film ne peut pas côtoyer quatre-vingts albums! Parce que ce film ne peut se placer qu'avant toute la série. Et ce n'est pas le cas.

Les explications fournies par James Huth pour les origines de Luke sont tout à fait convaincantes, mais dans ce monde-là, Lucky Luke est déjà une célébrité qui collectionne les médailles du mérite même s'il s'en va souvent avant qu'on ait pu lui donner. Dans ce monde-là, Calamity Jane a déjà une relation particulière avec Luke, et celui-ci a déjà croisé la route de Jesse James et de Billy the Kid (et visiblement de Pat Poker aussi). Mais pourtant, dans ce monde-là, Luke découvre seulement que Jolly Jumper est doué de parole, alors qu'il se remet en question sur son statut de cow-boy solitaire sans peur, sans reproches et sans victimes sauf une. Et dans ce monde-là, Luke tombe amoureux et songe à vivre dans une petite maison dans la prairie... Là encore, pourquoi pas, d'autant que la situation trouve une pleine justification dans le scénario... Mais après coup! Et quand on sait juste que cette romance est vouée à l'échec (quand même, Lucky Luke est et doit rester lonesome), ça n'est rien d'autre qu'atrocement long et vaguement mièvre.

Si on la supporte, alors Lucky Luke est un bon film, mais pas vraiment une adaptation de Lucky Luke. Ou alors une adaptation trop audacieuse qui n'atteint pas ses objectifs. En tout cas, ce n'est pas un mauvais film. Et puis, il donne envie de revoir Les Dalton, voire le Lucky Luke de Terence Hill, ce qui n'arrive pas souvent... Mais il ne donne pas vraiment envie de voir un Lucky Luke 2, et c'est un peu dommage.

27 octobre 2009

Gâteau empoisonné?


C'est un peu triste, comment un monument peut prendre un coup dans l'aile de son casque d'un coup d'un seul. Et voilà comment, après cinquante ans de hauts et de bas mais surtout de hauts, j'ai tourné la couverture de L'anniversaire d'Astérix & Obélix - Le livre d'or avec une réelle appréhension. Il y avait ce titre, d'abord, laissant craindre le pire. Cette couverture, aussi. Mais surtout le terrible souvenir de Le Ciel lui tombe sur la tête. Et force est de reconnaître que les craintes subsistaient à la lecture du mot d'«Astérix» qui, en lieu et place de la page de titre, remercie ses lecteurs fidèles depuis cinquante ans, auxquels il doit son succès et, surtout, pour le soutien qu'ils lui ont témoigné en continuant à acheter aimer ses albums même après la mort de Goscinny, qui auraient dû marquer sa mort à lui aussi, si on avait dû écouter ces méchants journalistes...
Ah, donc, Astérix-l'ami-des-enfants a la cinquantaine aigrie...
Soit.
Difficile de savoir ce qu'en pense Anne Goscinny, qui ne s'écoute visiblement pas écrire et part dans une page de souvenirs assez âpre à la lecture sur la page suivante, avant qu'enfin, commence le 34ème album d'Astérix et Obélix.

Et sans extra-terrestres, Bélénos merci!
La promesse éditoriale était pourtant de revoir au fil des pages tous les personnages qui ont pu croiser la route des Gaulois au fil des albums, mais il y a des gens qu'on n'a pas encore de revoir. Un peu comme Kem, dans Urgences. Il suffit de voir dans quelles circonstances ridicules les pirates viennent ici faire coucou pour se convaincre qu'Albert Uderzo a bien fait de ne pas se forcer pour caser absolument tout le monde.
Mais n'allons pas si vite en besogne: en page 5, Astérix, Obélix et tous les villageois prennent d'un coup les cinquante ans auxquels ils avaient échappé les cinquante dernières années, profitant d'un avantage propre aux héros de bédé. C'est un peu maladroit et pas extrêmement original, mais sympathique. Et c'est exactement ce qui définit l'ensemble de cet album, qui marque la première rencontre sur le papier entre les Gaulois et leur Créateur (graphique, tout du moins), mais aussi la dernière rencontre en vrai. Maintenant qu'Uderzo a officiellement accepté l'idée de la reprise après sa mort, on sent ici qu'il fait un dernier tour de piste avec ses chers Gaulois, avant de les abandonner. Sur l'une ou l'autre des planches, on jurerait même qu'il les a déjà prêtés, du moins on l'espère (ou on le craint, puisque c'est évidemment une manière détournée de dire que le graphisme n'est pas toujours égal).
Cet anniversaire d'Astérix & Obélix est un livre d'or un peu en toc, trop fourre-tout (mêlant dessins publicitaires un peu datés, cases déjà publiées et personnages qui arrivent à la va comme je te pousse) et carrément décousu (aucun doute, il n'y a aucun scénario), mais on peut y ressentir l'amour qu'a pu éprouver Uderzo pour ses personnages et pour la bande dessinée. Au fil de clins d'œil à Franquin et au Parc Astérix ou quelques placements de héros dans les tableaux de David et Vinci, autour d'un texte d'époque de Goscinny qui prouve qu'Uderzo n'est pas le seul à avoir eu des moments de faiblesse (mais qui a au moins l'avantage de faire durer un peu la lecture), il se dégage de l'album quelque chose de sympathique malgré tout, sans crime de lèse-majesté, même si l'idée de voir Astérix en Marsupilami, Obélix en gangsta rappeur et des dauphins peut un peu effrayer, de prime abord.

25 octobre 2009

Retour vers le passé

Capture via 1pic1day

Ça m'a fait plaisir de voir Katsuni, hier soir dans On n'est pas couché.
Il m'a fallu un certain temps pour la reconnaître, me demander si ses seins étaient la seule chose qui avait changé depuis le temps, si c'était le maquillage ou bien simplement l'âge, parce que, finalement, je n'ai plus vraiment suivi l'actu de Katsuni depuis La vie de... Katsumi il y a quatre ans (ah, le «Katsumi's pussy», tant de souvenirs!), à part quand une dénommée Katsumi l'avait obligée à changer de nom parce qu'elle n'assumait pas son homonymie...

Et puis, elle a parlé et là, pas de doute, c'était elle. Il y avait les blagues mal assurées de Laurent Ruquier qui n'a pas l'habitude de la porno-star et n'est visiblement pas au point pour prendre la suite de Tout le monde en parle et les invités qui n'avaient pas non plus l'habitude d'un tel voisinage, mais Katsuni avait toujours le même discours sur son métier et sa passion du sexe plus que de la célébrité, qui me paraît décidément très sain. Et puis, elle a un peu parlé du film pour lequel elle a reçu un Hot d'Or, Éric Naulleau a été le seul capable de la considérer au même niveau que les autres invités en le chroniquant et elle a montré qu'elle n'était pas complètement conne en évoquant la crise du milieu du X, dans lequel j'ai visiblement bien fait de ne finalement pas chercher à m'engager comme me le disaient mes pulsions d'adolescent puceau qui commençait à vraiment vouloir baiser et passait trop de temps devant des pornos, avant de réaliser que, quand même, c'est probablement incompatible d'être un bon performeur et quelqu'un d'inexpérimenté (quoique l'inexpérience est quelque chose qui ne dure pas, surtout en de telles circonstances) que, quand même, je risquais de ne pas présenter un grand intérêt physique pour les spectateurs et que, quand même, je n'étais pas certain de pouvoir baiser à la chaîne.
Parfois, on est un peu bête à dix-sept ans...

Bref, j'ai été ravi de revoir Katsuni, qui fut, quand même, une des premières icônes de ce blogue, avant même Laurent Artufel. Pour fêter ça, j'aurais bien voulu donner un avis détaillé de Pirates II, Stagnetti's Revenge (c'est toujours prestigieux, un Hot d'Or un avis positif d'Éric Naulleau) mais pour le voir, il m'aurait fallu le télécharger. Et au vu de la bande-annonce qui ne cite que les actrices et pas les acteurs, il aurait été inenvisageable que je paye, ce qui m'aurait poussé à pratiquer exactement ce que Katsuni citait comme problème fondamental du secteur de la pornographie et je m'en serais voulu parce que je suis fan d'elle et que je l'écoute, alors que je ne m'en veux pas du tout quand je fais pareil pour des pseudo-films faits pour le net par des sites pourtant payants.
Mais quand même... La bande-annonce donne carrément envie, non?


Pirates II, Stagnetti's Revenge - Trailer
via Youtube

13 octobre 2009

Ciné mardi

Il est temps que les vacances arrivent! J'ai l'impression d'écrire cette phrase de plus en plus souvent, mais là, promis, j'ai une bonne raison! En regardant tout ce qui doit sortir et ce qui est déjà sorti au cinéma mais que je n'ai pas eu le temps de voir, il est temps que j'en aie, du temps, histoire de me faire une opinion sur Lucky Luke pour la rencontre entre James Huth et une de mes bédés préférées de mon enfance ou Tempête de boulettes géantes pour ce merveilleux titre qui me fait rêver depuis six mois, avant Micmacs à tire-larigot puis, plus tard, 2012, que j'attends l'un comme l'autre non sans une certaine crainte. Pour dire combien ma situation est problématique, mardi dernier, j'ai hésité entre quatre films (QUATRE!) pour occuper mon mardi après-midi évidemment libre puisque je suis prof et ai donc beaucoup de temps libre (mais pas au point de voir quatre films à la suite). Peut-être que j'aurais dû choisir alors Mary et Max., ce qui aurait ajouté une entrée en première semaine à ce film comme cela m'avait été imposé, mais surtout ce qui m'aurait peut-être évité de me trouver dans une salle quasiment vide, avec un couple qui, malgré tout, aurait choisi de s'asseoir à côté de moi, Madame aimant dire à Monsieur à intervalles réguliers combien c'est beau.

De toute façon, alors que j'avais pris sur moi pour faire un choix, avec toutes les conséquences possibles, les quatre films étaient restés à l'affiche cette semaine, ce qui m'aurait quand même permis de voir Démineurs, que j'ai donc vu la semaine dernière, sans le regretter aucunement, d'ailleurs, puisque j'y ai retrouvé la même tension que dans le jeu vidéo du même nom, quand il reste deux cases dans toute la grille mais une seule bombe, sans savoir avec certitude où elle se trouve et en ayant donc une chance sur deux d'avoir perdu environ trois minutes pour absolument rien. Je dois toutefois reconnaître qu'à mes yeux, une séquence (l'avant-avant-dernière) est en trop, parce qu'elle s'éloigne justement du déminage pour être une bête scène de ville en guerre, mais dure suffisamment longtemps pour faire baisser un peu la tension, alors même que la séquence précédente est particulièrement brillante, tout comme la suivante.

C'est donc finalement aujourd'hui que j'ai été voir Mary et Max., subissant malgré moi le voisinage d'un couple qui avait pourtant beaucoup d'autres places possibles et les commentaires esthétiques de Madame, qui trouvait ça beau. Et elle avait raison, oh oui!
Mary et Max est un petit bijou d'animation, visuellement parlant. Et en plus, le scénario est particulièrement intéressant et donne immédiatement envie de prendre une adresse au hasard dans l'annuaire pour lui envoyer une lettre, tant le destin de Mary et de Max est bouleversé par cette correspondance. J'ai un peu changé d'avis dans la deuxième partie du film, qui est beaucoup plus sombre et qui m'a personnellement éprouvé psychologiquement après une telle introduction, puis j'ai repris espoir. J'ai été touché, régulièrement, sans m'y attendre forcément, et ça n'arrive pas si souvent. Je suis donc on ne peut plus content d'avoir été voir Mary et Max. avant que mon cinéma le retire de l'affiche.

Et comme j'avais peur que ce soit aussi le cas de (500) jours ensemble, j'ai enchaîné, bien que les conditions ne soient pas favorables. Ou alors j'étais dans les conditions parfaites et, mine de rien, je me suis identifié juste ce qu'il fallait à Joseph Gordon-Levitt, qui joue très bien les amoureux transis (déjà, un peu, dans 3ème planète après le Soleil...), qui rentre parfaitement dans mon fantasme du «guy next door» (oh oui!), qui porte à droite et qui me permettra de franchement relativiser quand j'entendrai derrière moi quelque élève dire que «le prof, il marche bizarrement». Au point que je songe à le vénérer autant que Michael Cera (et donc à oublier sa prestation dans G.I. Joe, le réveil du Cobra). D'autant que, dans le genre film-un-peu-indépendant-comédie-romantique, j'ai bien plus été convaincu par ce (500) jours ensemble que par Une nuit à New York, y ayant trouvé les yeux absolument magnifiques de Zooey Deschanel et quelques bonnes idées de mise en scène (les allers-retours au cours des 500 jours de cette «relation», avec ses hauts et ses bas, ainsi qu'une fabuleuse scène digne de Il était une fois), et ce malgré quelques faiblesses comme le clin d'œil final que je n'aurais pas compris sans les filles devant moi. De quoi être ému, un peu, sans être autant remué que par Mary et Max..

9 octobre 2009

En traitement

Je vous rassure, je suis encore vivant.
Je sais que vous commenciez à craindre pour ma vie, après mes quelques soucis de santé et tant de temps sans nouvelles. Mais rassurez-vous, donc, je suis encore vivant. Il me faut quand même préciser que la terrible NDE que j'ai vécue a laissé quelques séquelles. En particulier la douleur qui m'atteint encore et toujours, même près d'un mois après qu'on m'a retiré ma perfusion, quand quoi que ce soit cogne le milieu de mon avant-bras gauche. La raison tient en un mot: Kardegic®, également connu sous le nom d'acétylsalicylate de DL-Lysine, poudre pour solution buvable.


Je remercie au passage mon Docteur Greene local de m'avoir épargné tout traitement à base de gélules et de cachets que je suis pathologiquement absolument incapable d'avaler -ce qui est d'ailleurs une raison de plus pour moi d'avoir une vie sexuelle proche du néant-, ni même des comprimés effervescents que ma langue ne supporte pas, comme le Fanta. Vraiment, ce choix d'un sachet de quatre grains de poudre dont la moitié finit à côté du verre quand elle ne reste pas collée au fond du sachet, c'est parfait!
Mais qu'importe, il semble que ce soit lui, censé apparemment garder mon cerveau dans les meilleures dispositions pour un IRM pour lequel je n'ai toujours pas pris rendez-vous, qui tienne à tout prix à m'empêcher de complètement cicatriser, et que ce soit déjà lui qui ai imposé le délai de deux semaines pour que le trou de la perfusion de ma main se rebouche entièrement.


Mais la santé passe avant tout, oui!, alors je ne bronche pas, et je dilue ces pauvres sachets pour miséreux dans un grand verre, comme l'indique la notice et le verdict est sans appel: il est impératif de tout boire d'une seule gorgée, histoire de ne pas sentir passer ce goût sorti d'on ne sait où puisqu'il n'y a finalement presque que de l'eau dans le verre, parce que ce n'est franchement pas bon...
Ce qui, bien sûr, est on ne peut plus motivant pour m'occuper des mes examens complémentaires et arrêter. Ou alors pour n'en prendre plus qu'un jour sur deux, ou trois, en attendant que la boîte se vide gentiment. Mais non, vraiment, ce ne serait pas raisonnable...

30 septembre 2009

Je hais les enfants


Il était temps que le mois de septembre s'achève. Enfin, il en sera terminé du baby boom chez Renault et de tous ces enfants sur toutes les affiches de bus, de plan de ville ou de métro. Notez que je n'ai absolument rien contre l'idée d'exploiter des bébés uniquement pour vendre des voitures, comme je trouve légitime de montrer des bébés en roller pour vendre de l'eau minérale dans une vraie démarche évidemment mercantile (puisque c'est quand même avant tout une publicité) mais néanmoins artistique et profonde sur le sens du produit et ses vertus jeunes ou rajeunissantes sans, du tout, penser à tous les «oh, c'est des bébés trop choupi trop mignons trop craquants, je vais m'acheter cette voiture» que ça pourrait provoquer sur un public fragile ou émotionnellement perturbé.
Non!
Mon vrai problème, c'est Koleos!


D'abord, je ne comprends pas ce prénom... Je suis plutôt partisan de Mégane, j'admets qu'on puisse trouver Clio sympathique, comme un dérivé de Cléo, et, éventuellement, le prénom Laguna a un côté un peu exotique, tandis que le prénom Twingo a un côté amusant, même si ce n'est pas forcément le meilleur critère dans le choix d'un prénom que de le privilégier drôle. Mais Koleos, non, vraiment, c'est impossible, ça n'existe pas. Bien sûr, je ne cautionne pas davantage que des parents aient pu appeler leur enfant Modus, Scénic ou Kangoo rien que pour connaître une célébrité à travers eux (les parents du petit Kangoo seront de toute façon bien punis quand il fera son coming-out d'ici quelques années). Je ne compatis même pas pour ceux qui ont choisi Velsatis comme nom de baptême, pour rien finalement!, parce qu'ils espéraient que ce modèle reviendrait parce qu'il était quand même bien beau au milieu de la gamme, ce qui était justement son but.

Mais Koleos n'est pas qu'un prénom. C'est aussi et surtout cet air fier absolument insupportable qui laisse penser que, déjà à 15 mois, il sait qu'il est le plus beau et le plus fort puisque ses parents lui répètent inlassablement depuis des années. Et on sait ce que ça va donner! Dans quatre ans, Koleos va vouloir se la péter dans L'école des fans de Philippe Risoli devant ses parents extatiques, caméra au poing puis, grisé par ce succès et les filles faciles que cela implique, il va vouloir devenir acteur de cinéma et ce sera une catastrophe artistique! Ça se voit, que Koleos ne sait pas jouer!

Comme tous les enfants ou presque, direz-vous.
Je dois toutefois souligner que, très récemment, j'ai découvert sans doute l'Élu, celui qui sait encore moins jouer que tous les autres, celui qu'on voudrait bâillonner à sa moindre réplique ET cacher derrière un élément de décor, histoire de ne pas le voir cabotiner ou lutter contre son texte. Un enfant qui, si ça se trouve, n'aurait jamais été dans cette galère si ses parents avaient été lucides et honnêtes avec lui... Le vrai mystère est de savoir pourquoi le réalisateur de Simon Konianski l'a engagé quand même, à moins qu'il soit de la famille aussi...

Il y a d'ailleurs un autre vrai mystère, qui est aussi une chance: malgré le personnage de «Schmuli» (car oui, en plus de mal jouer, il est doté d'un surnom pour le moins particulier pendant tout le film), Simon Konianski est un très très bon film, à la fois drôle et surprenant. Que ce soit le personnage-titre (Jonathan Zaccaï), amoureux largué (par une goï!) qui retourne vivre chez son père avec lequel il s'oppose sur tous les sujets sensibles liés à Israël ou la religion juive, ou le personnage du père (Popeck) désespéré par le retour de son fils et prêt à tout pour le voir repartir très très vite avec un vrai travail et une vraie femme juive, en passant par l'oncle persuadé d'être encore pisté par la Stasi, les personnages sont parfaitement mis en valeur tout au long du film, qui se transforme à sa moitié en une espèce de road-movie, histoire d'aller enterrer le père en Ukraine sans dépenser trop d'argent. Un voyage qui permet à quelques secrets de famille d'être découverts, mais surtout à Simon Konianski de se rapprocher à la fois de son père et de son fils.
Mais pourvu que ledit fils (et ses parents, peut-être) comprenne que ce sont l'histoire, les effets de réalisation, Jonathan Zaccaï et Popeck qui rendent le film si réussi, et pas du tout sa performance.

27 septembre 2009

La rentrée des séries

La crise est partout, jusque dans les séries télé américaines. Les gens dépriment et ne songent pas à se gaver de chips des journées entières devant la télé en attendant un entretien d'embauche hypothétique. Plus exactement, ils ont besoin de valeurs sûres, qui leur rappellera peut-être le temps béni d'il y a deux ans, où ils avaient encore un travail gratifiant leur offrant des revenus suffisants pour offrir une éducation de qualité à leurs enfants et des médicaments à leurs parents très vieux, et certainement pas de se lancer, en rentrant des Assedic, dans une sorte de nouveau Lost, les disparus auquel ils ne pourraient rien espérer comprendre avant cinq ou six ans, alors même que l'original leur paraît encore très obscur.


Alors, on invente Melrose Place 2.0 ou NCIS: Los Angeles, pour faire un peu de nouveautés entre deux épisodes des Experts, de Grey's Anatomy ou de 90210 Beverly Hills: nouvelle génération. Mais comme il faut aussi de la vraie nouveauté, on en ajoute. En tentant de limiter les risques, en ameutant les foules très très vite, histoire de se rassurer. Pour s'assurer un public dès le premier épisode, rien de mieux que le buzz, allant du trailer de 18 minutes au pilote entier qui se retrouve comme-par-hasard-oh-bah-ça-alors sur le net, voire les deux dans le cas de FlashForward qui a commencé avec 12 millions de téléspectateurs, ce qui doit vouloir dire que c'est une série de qualité.

Une fois de plus, les méthodes américaines tendent à arriver de ce côté-ci de l'Atlantique. Et je veux souligner cette nouvelle communication, même s'il faut en conclure que, une fois de plus, la France est à la traîne... Il n'en reste pas moins que c'est une excellente méthode, fut-elle inventée par d'autres gens. Surtout pour une série qui a tout pour plaire: un cop-show tourné en décors réels dans la ville de Tellement proches et La première étoile, rendue mythique par Le Père Noël est une ordure et Mais qui a tué Pamela Rose?, avec Sandrine Rigaux (ex-Paris enquêtes criminelles) dans l'un des deux rôles principaux!


Seulement voilà, parfois, même à grands renforts de vidéos virales, de sites internet dédiés et d'utilisation de nouveaux média, de teasers un peu décalés, le buzz ne prend pas, et c'est un peu triste. Trois mois après les premières images diffusées, force est de constater que personne ne se passionne pour Créteil Section Criminelle, et c'est un peu dommage...


Créteil Section Criminelle - Teaser
via Dailymotion

26 septembre 2009

T-Rex, tu dors...


Habituellement, quand un programme m'ennuie, je n'ai aucun problème à surfer sur le net en même temps. Je m'en veux un peu, parce que je trouve que je passe vraiment trop de temps à perdre mon temps sur internet, mais après tout, je n'ai même pas la certitude d'avoir vu la fin de la saison 4 de Grey's anatomy, alors pourquoi m'investirais-je dans la saison 5, alors même que je sais déjà qui meurt à la fin, en plus...

Le samedi soir aussi, comme ce soir donc, mon attention jongle régulièrement de l'écran de la télé à celui de l'ordi, devant la série Les Tudors, que j'avais ratée quand Canal+ l'a diffusée, puis que j'avais ratée quand CinéCinéma Premier l'a diffusée et que je ne pouvais décemment pas rater sur Arte, dans la mesure où, malgré les apparences, c'est une série que je voulais voir. Je pourrais donc me délecter chaque samedi soir des intrigues de cour et des trahisons, des décors, des costumes, des effets spéciaux, de Jonathan Rhys-Meyers qui est épatant et de Henry Cavill qui est à se pâmer, de ces petits mots en français de temps en temps, des manigances de Wolsey ou du petit caractère de la sœur du roi ou encore de Henry Cavill parce que, quand même... Mais impossible! Et, conséquence directe, on trouve désormais dans mon historique internet des pages comme la notice Wikipédia de Henri VIII d'Angleterre, ou celles de François Ier, du Camp du Drap d'Or, de la Réforme protestante, de Nicolas d'Estouteville, de Wolsey, du duc de Buckingham, de la suette, de Marie II d'Angleterre, d'Anne de Grande-Bretagne, d'Isabelle du Portugal, de Marguerite de Navarre, de Charles Quint, d'Anne Boleyn, de Marguerite Tudor, du Saint-Empire romain germanique, d'Henry FitzRoy, de Thomas More ou de Clément VII, histoire de compléter en temps réel mes quelques lacunes sur l'Histoire de l'Europe des années 1520. Quitte à me spoiler également en temps réel, en découvrant un peu trop tôt que untel est décapité ou que untel s'allie ou trahit, mais après tout, c'est de l'Histoire! Et Henri VIII lui-même dit dans le générique qu'on connaît déjà la fin de l'Histoire, je ne fais donc qu'obéir au Roi.

Et puis, de toute façon, je trouve l'ensemble tellement fabuleux, bien écrit, bien interprété, assez sexy aussi (ahhh, Henry Cavill!), parfois drôle, aux rebondissements très bien dosés, que ça n'est pas forcément dramatique de savoir que, à la fin, Anne Boleyn meurt (ce que tout le monde sait, évidemment). D'autant que, malgré mes recherches, je n'ai pas su ce qu'il allait advenir du mariage de la sœur d'Henri avec le roi du Portugal, toutes mes sources sérieuses évoquant plutôt un mariage en France et surtout, deux sœurs du roi qui pourraient avoir été fusionnées... Mais tant pis si cela constitue effectivement un arrangement avec l'Histoire (je n'écarte pas encore complètement l'hypothèse que ce sont Les Tudors qui ont raison): que sont quelques approximations historiques au milieu de tas de détails visiblement authentiques?

Fort de cette nouvelle passion pour le XVIè siècle, je ne pouvais pas évidemment pas rater, mercredi soir, Aztec Rex sur NRJ12, relatant l'arrivée d'Hernán Cortés au Mexique, où, grosso modo (mais vous le savez naturellement), il écrasera la civilisation aztèque pour faire plaisir à Charles Quint, Empereur du Saint-Empire Germanique.

Et une fois de plus, j'ai immédiatement voulu en savoir plus sur Cortés, sans que la performance d'Ian Ziering de Beverly Hills 90210 avec une perruque brune ne soit en cause, ni les décors, ni les costumes, ni les effets spéciaux. Vous le saviez, vous, par exemple, que Cortés avait rencontré sur place un Espagnol qui lui servait d'interprète avec les autochtones? Et même, carrément, une indigène capable de s'exprimer en anglais espagnol et de faire le lien entre l'envahisseur et l'envahi, un peu comme Pocahontas Unelégendindienne un siècle plus tard?
Moi, non, pas plus que la mort d'Anne Boleyn!
Et je dois dire que j'ai été tout autant étonné en apprenant que Cortés et ses quelques comparses avaient été confrontés, à leur arrivée au Mexique, à un couple de dinosaures sanguinaires qui terrorisait la population locale!
Ou épaté de découvrir que la sangria devait son nom au traducteur aztèquo-espagnol après son retour au pays et son vœu d'abstinence alcoolique... sans, malheureusement, trouver de confirmation par ailleurs. Mais que sont quelques approximations historiques au milieu de tas de détails visiblement authentiques?!

20 septembre 2009

Le magicien d'Oz

Au dernier Festival de Cannes, quand Jacques Audiard recevait son Grand Prix du Jury, le réalisateur de la cérémonie s'apesantissait sur le sourire ultra-brite de son acteur principal, dans la salle, Tahar Rahim. Qui, contrairement à ce que tout le monde disait, n'était pas complètement un inconnu, puisqu'il tenait un rôle de premier plan dans la série La commune, honteusement zappée par Canal+ qui, dans le même temps, a trouvé intéressant d'envisager une saison 2 à Scalp (qui n'est pas une mauvaise série, mais qui aurait très bien pu s'arrêter là, là où La commune tentait une espèce de cliffhanger, sans doute initialement soutenue par la chaîne avant qu'elle ne constate que la vie d'une cité à problèmes est une thématique trop segmentente sur ses audiences).

Accessoirement, ce jeune homme visiblement très heureux du prix gagné par son réalisateur attirait naturellement l'œil, ce qui est peut jouer pour finir de me convaincre d'aller voir un film de 2h30. Entendons-nous bien, ce seul argument ne pouvait me suffire à aller voir Un prophète, ce serait comme regarder Oz pour les mecs à poil... Bien sûr, pour peu que la première diffusion tombe pile pendant la puberté, on pourra en regarder un bout juste parce que Chris Meloni est quand même pas trop mal foutu, mais l'histoire est finalement trop prenante, trop violente, pour réussir à se tripoter dans des conditions optimales devant la série, alors même que, en face, M6 diffuse encore le téléfilm érotique du dimanche soir.
Mais revenons-en plutôt à Un prophète, qui se présente donc comme un film carcéral centré sur le destin de Malik El Djebena, entre les différents clans qui règnent sur la prison, sans lésiner avec la violence pour illustrer son propos.
Ce qui n'a absolument rien à voir avec Oz, oh non...

Qu'importe, de toute façon, puisque l'arrivée de Malik dans la prison est particulièrement prenante, éprouvante aussi et il est impossible de ne pas compatir pour ce jeune homme entraîné malgré lui dans les règles du lieu, contre lesquelles il ne peut pas résister. Puis de le voir réussir à se débrouiller, à se frayer une place dans ce milieu hostile et même à prendre une envergure inattendue.
Puis Malik a droit à sa première permission et, en une seule phrase, il m'est devenu impossible de m'impliquer encore pour lui. Je sais bien qu'il n'y a pas à valider automatiquement le comportement d'un personnage quand on regarde un film, ni même que le monde n'est pas tout blanc ou tout noir, mais non, désolé: de même que je suis absolument incapable d'apprécier les remords du personnage principal de The reader alors qu'il était le maître de son destin, je ne peux pas m'investir autant dans la vie de Malik au vu des choix qu'il fait...

C'est ainsi que la dernière heure d'Un prophète m'a paru un peu longuette, avec nettement moins d'intensité. Ce qui n'empêche pas Tahar Rahim d'être absolument époustouflant de bout en bout et de mériter tous les prix qu'on pourrait lui donner pour ce film.

18 septembre 2009

Vite, vite, il y a urgences!

Aujourd'hui était une journée importante, au moins concernant mon cours de sixièmes. Après quinze jours à reculer l'échéance encore et encore, c'était le grand saut: enfin, mon planning prévoyait pour ce jour mon premier nouveau cours de géométrie, oubliant le rituel (mais moche) «Point, segment, droite» pour le remplacer par une optique de géométrie à partir de la vie quotidienne, de perception de polygones dans des drapeaux, des tables, des escaliers puis de tracés à main levée. Comme ça, ça a l'air chiant, mais je vous assure, tout a été pesé et réfléchi, même si, finalement, la feuille d'activités a été tapée/photocopiée/découpée/collée hier soir vers 23h...

Et puis, finalement, face au stress, j'ai joué petits bras et j'ai reculé. Alors, comme tout bon élève qui se respecte, j'ai été à l'infirmerie, sans vraie raison valable, attendant toutefois l'interclasse, par souci d'équité, refusant moi-même ce genre d'expéditions à ceux qui se découvrent un mal de ventre magique... Mais sans davantage d'excuses valables: va-t-on sérieusement à l'infirmerie pour de bêtes fourmis dans les doigts, un problème pour voir sur les côtés, une impression désagréable que quelqu'un s'amuse à appuyer sur vos yeux ou une difficulté à sortir les bons mots de sa bouche en dictant une consigne tout en butant largement quand, une fois l'erreur entendue, on essaye de la corriger?
Non, hein?
Mais comme j'avais les quatre à la fois, j'avais l'alibi parfait à présenter pour pouvoir tranquillement rentrer chez moi et repousser encore un peu cette terrible date-butoir.

Seulement voilà, l'infirmière a semblé trouvé ça ennuyeux et, après quelques tests très basiques, elle a jugé plus amusant d'appeler une ambulance, destinée à m'emmener à l'hôpital d'à côté ou les examens seront bien plus poussés, surtout si on va jusqu'au scanner...
Un scanner...
Ha ha ha.
C'est très drôle, madame l'infirmière.

N'empêche que, un peu avant la récré, l'ambulance était là, avec un brancard pour sortir comme une star du collège, devant les quelques élèves déjà là pour commencer leur journée à 10h, les veinards. Du moins, j'aurais adoré profité de cet instant, tout en dévorant des yeux le brancardier face à moi, mais il m'a surtout fallu lutter contre la honte d'avoir sur les genoux une atroce couverture ornée d'un merveilleux chien, de type labrador aux yeux bleus, assis sur de l'herbe verte devant un merveilleux ciel dégagé. Et aussi une légère sensation nauséeuse, dûe à mon mal de tête et à un transport à roulettes dans le sens contraire de la marche, amplifié par mon trajet en ambulance, le premier de ma vie, ça se fête, youhou, pour ma première visite aux urgences, ça se fête, youhou!


Je ne sais pas quelle est la place de l'hôpital universitaire local dans le classement national (en fait, si, je le sais, c'est 6è des CHU, j'avais besoin de le savoir en écrivant cette phrase, mais clairement, on s'en fout pour la suite), mais il semble en tout cas qu'un soin particulier soit apporté au casting lors des journées d'embauche. À peine abandonné par le brancardier mignon (et son collègue), c'est un interne au joli physique qui me prend en charge, juste après une courte escale dans une salle où on découvre, ô miracle, que ma glycémie est toujours normale (mais sur un autre doigt). Le miracle ne dure pas puisque Gérard (prénom fictif) laisse rapidement sa place à Brice (prénom fictif, ou pas), interne de douze ans et demi environ, qui s'amuse à me coller des électrodes partout, qui fait des guilis sous mes pieds, me serre les mains, tape sur mes genoux, me fait respirer, m'interroge sur mes dérives alcoolo-tabagiques, prend ma tension sur tous les bras, m'oblige à me déshabiller, me fait lever les jambes et suivre son doigt avec les yeux. Autant dire que je suis un peu à la fête, dans mon box n°2!

Les internes ayant beaucoup de patients (je ne sais pas précisément où ils se cachent, mais ils doivent exister), Brice laisse finalement sa place à une infirmière chargée de ma prise de sang et de ma perfusion pour me faire tenir jusqu'à mon scanner.
Mon scanner...
Ha ha ha.
Décidément, les infirmières ont un humour particulier.

Mais Ophélie (prénom fictif, je crois) se veut rassurante. Pour commencer, elle ne piquera qu'une fois, à la fois pour la perf et la prise de sang. Si c'est pas cool, çà! Elle tâte donc mes veines, à l'intérieur du bras, en choisit une, puis plante, puis constate que j'ai des veines fines et sensibles, qui roulent pour éviter les seringues. Alors elle tâte la main, choisit une veine, puis plante. Puis elle remonte sur le bras, à l'extérieur, choisit une veine, puis plante. Et appelle une collègue, qui redescend un peu sur le bras, risquant la fuite, choisit une veine, puis plante, puis constate que j'ai des veines fines et sensibles, qui roulent pour éviter les seringues. Alors, à la barbare, elle plante à l'intérieur du coude, où là, ça doit passer, quitte à ce que le sang coule naturellement dans le flacon, en baissant le bras juste au-dessus et en visant bien! Pour fêter cette réussite, j'ai même droit à une promotion et à une place privilégiée dans le couloir, en attendant.

Je ne sais pas ce que j'ai, je ne sais pas combien de temps je devrai attendre avant d'avoir une place au scan, j'ai un voisin qui voudrait partir et qui est un peu casse-couilles avec les infirmières qui l'ont oubliée comme les médecins alors que tous ses examens sont faits, mais je suis au milieu du passage, face aux infirmières derrière le comptoir (qui, en conséquence, jugent opportun de m'offrir une couverture), à l'endroit idéal pour voir passer le joli médecin qui m'a superbement ignoré, Brice 12 ans qui est désolé mais ce ne sera pas avant le début d'après-midi, un charmant infirmier dont c'était le dernier jour et qui n'a même pas apporté un gâteau pour ça, sa collègue dans la même situation avec laquelle ils évoquent les nouvelles difficultés de l'examen, tout le monde qui ne sait pas quoi répondre à mon voisin... 11h...
12h...
13h...
14h...
Les temps changent. Je ne reconnais plus les gens. Mes voisins m'abandonnent les uns après les autres, les infirmières partent, remplacées par d'autres, certes parfois masculins et fort charmants, mais avec lesquels le contact ne s'établit pas, même une heure et demi plus tard, alors que je n'ai toujours pas bougé... Enfin, si, on m'a un peu poussé vers la droite, pour me rapprocher des glaires de mon voisin.

Puis tout se déclenche à 15h30, on m'emmène, comme ça, d'un coup, sans prévenir, vers l'ascenseur magique qui fait un peu vomir, puis le scanner. On m'allonge, on me dit de ne pas bouger, on m'introduit sous la machine, je ne bouge pas, on m'injecte de l'iode pour mieux voir, on me prévient que ça procure une sensation de chaleur et j'ai l'impression de m'être pissé dessus, on me fait bloquer ma respiration, on me redit de ne pas bouger pour le deuxième tour, on dit «il bouge un peu, le V.», puis on me ramène à la maison dans le couloir, les résultats seront là d'ici une demi-heure qui durera en fait plus d'une heure et demie...

Seulement voilà, six heures dans un couloir, ça passe, mais d'un coup, à la septième heure, je suis lassé et assoiffé. Je demande un verre, mais j'ai une perfusion, mais je n'ai pas bu depuis sept heures, le monsieur aimerait boire, il aimerait partir aussi!, et paf, en dix minutes, on vient me décoller la perf, et ça fait mal, puis on me permet de me rhabiller dans les toilettes et Brice 12 ans m'amène les résultats, confirmant que, en fait, tout ça n'était qu'une migraine.

Franchement, va-t-on à l'infirmerie pour une migraine?!

13 septembre 2009

LTODLCF, volume 4.08

Malgré ma joie d'avoir assisté à un concert de Mylène Farmer, je dois souligner les séquelles que j'en garde sur les mains, plus particulièrement les paumes, deux jours après, ce qui rend pénible des gestes quotidiens comme la masturbation tenir la manivelle pour baisser mon store, me laver les mains pour éliminer toute trace du virus de la grippe A ou maintenir une assiette que je suis en train de laver... C'est vrai, je noircis un peu le trait, je saurai très bien survivre en laissant s'empiler quelques assiettes dans l'évier... Et ça ne m'empêchera pas non plus de mener à bien ma mission d'exhumation des trésors oubliés de la chanson française, quand bien même cette session s'achève aujourd'hui.

C'est qu'il était absolument impossible de terminer sur les propos on ne peut plus négatifs d'Olivia Ruiz, pour une thématique si guillerette que l'amour! Heureusement, Marie-Paule Belle est là, qui nous rappelle par la même occasion que c'est bientôt le printemps (quand l'été sera fini, puis que l'automne sera passé et qu'il faudra déjà se résoudre à ce que l'hiver s'achève encore une fois trop tôt). En grande poétesse, dans L'amour dans les volubilis, elle compare (même si c'est plutôt une métaphore, je crois) l'amour à cette plante grimpante aux fleurs colorées, ce liseron ornemental. Ça pourraît être très niais et ce message par trop optimiste n'aurait pas plus sa place en conclusion que celui par trop pessimiste d'Olivia Ruiz. Mais Marie-Paule Belle, plus forte que tous ceux auxquels elle succède en ces pages, sait faire la part des choses et considère avec le même intérêt et le même entrain les fleurs qui se fanent, ce qui permet toujours de faire des jolis pots-pourris quand on a soixante-quinze ans et aucun talent pour la broderie.


Ah! Ah! Quel délice
L'amour l'amour dans les volubilis
C'est une chambre charmante
Où une plante grimpante
Insinue ses tiges vertes
Par la fenêtre entrouverte
Elle rend nos journées plus belles (plus belles)
Et le lit devient tonnelle (tonnelle)
Fleurs violettes et violentes
Comme celles des amours naissantes
Ah! Ah! Quel délice
L'amour l'amour dans les volubilis


F. Mallet-Joris - J-C. Massoulier / A. Popp
1980 Polydor

12 septembre 2009

Un onze septembre

Après une journée à me promener dans la ville pour aller d'un collège à l'autre puis à l'un, à m'énerver déjà contre une classe peu encline au travail ou à parler/crier plus fort que les perceuses pour être entendu par mes élèves, le tout en ayant très peu et mal dormi la nuit précédente, je n'avais qu'une envie: végéter devant Koh-Lanta et la Star Academy Secret Story présenté par Nikos. Mon programme de nolife habituel, en quelque sorte. Sauf que mon 11 septembre 2009 était déjà réservé et qu'il me faudrait même prendre le métro sans m'endormir! Pour me motiver, je pouvais éventuellement penser à ma destination, mais force est de constater que, dans de telles conditions, l'exaltation que j'avais pu ressentir il y a un an et demi -le 29 avril 2008, si le cachet de la Poste fait foi- en recevant mon billet pour le Grand Concert de Mylène Farmer au Stade de France, bloc Y, rang 6, place 9, s'était un tout petit peu atténué.


Et, après une heure et demie dans le métro, à faire plus ample connaissance avec la rampe au milieu de ma rame au point d'entamer déjà des relations presque intimes et à deviner qui dans la rame descendrait à Saint-Denis-Porte de Paris (finalement, quasiment tout le monde), une demi-heure à faire un tour du Stade de France à slalomer entre une cinquantaine de revendeurs de billets pour trouver éventuellement un endroit où les boissons ne coûteraient pas 3€ la canette avant d'enfin atterrir au Quick qui se serait trouvé finalement très proche de mon point de départ si j'avais choisi de contourner l'ellipse par l'autre côté (ce qui n'est juste pas de chance), quelques minutes à choisir le stand où ne pas acheter un sex-toy Sextonik à 100€ avec mon programme et mon porte-clés tête de mort un poil cher, je n'étais pas tellement plus extatique, seul sur mon siège blanc, dans le froid de septembre, avec face à moi la scène partiellement cachée par une tonnelle (une buvette?) dans la fosse et l'écran géant traversé par les haut-parleurs. J'enviais surtout mon voisin direct de droite, situé une quinzaine de sièges plus loin à ma droite, au point qu'il est devenu un vrai proche voisin quand la première partie a finalement commencé, quand toute la partie droite du bloc a effectué une translation-éclair pour obtenir une vue plus dégagée sur la scène.
Enfin, juste pour le principe, hein. Parce que la scène, quand on est dans le bloc Y, elle est à peu près à deux kilomètres, alors pour voir quoique ce soit des danseurs africains (bah oui, c'est adapté, comme première partie d'un concert de Mylène Farmer!), on regarde surtout les écrans.


Et puis, ensuite, pendant une demi-heure, la foule se chauffe un peu, les olas vont et viennent, un remix de Sextonik réveille le stade avant que l'ambiance retombe très nettement pendant les vingt minutes de la BO de The Dark Knight qui précèdent un long générique diffusé sur l'écran géant, qui fait qu'on est quand même content quand, enfin, commence Paradis inanimé, même sur une fausse note, l'une des seules de la soirée. Le titre se finit, la lumière s'éteint, la lumière se rallume, sans un bonjour mais sur une chorégraphie élaborée de L'Âme-Stram-Gram... Et ça, une choré sur L'Âme-Stram-Gram, c'est cool! Quand on voit quelque chose, parce que, curieusement, l'écran ultra-géant au centre de la scène reste mystérieusement éteint. Et il le sera à d'autres moments stratégiques, quand il ne diffusera pas des vidéos certes très esthétiques mais surtout frustrantes quand on doit se contenter des deux écrans sur les côtés, qui sont certes grands, mais pas autant... Et puis vient Je m'ennuie qui n'aide pas à faire monter l'ambiance dans le stade de France, puis Appelle mon numéro, où enfin, mes oreilles s'étaient habituées au volume et où je commençais à m'entendre chanter et à entendre mes voisins chanter «Appelle mon numéro» quand il fallait le chanter, sans plus, sans que, de toute façon, la dame au milieu loin là-bas ne montre la moindre envie de faire monter la sauce... Visiblement, dans un concert de Mylène Farmer, l'ambiance doit monter d'elle-même.


Et puis, soudain, il y a XXL et les gens debout qui applaudissent à tout rompre. À défaut d'avoir la vraie impression d'être à un concert, on est un peu comme une grosse bande de potes qui regardent un dévédé en chantant California et Pourvu qu'elles soient douces... Et comme Mylène réalise qu'elle est loin, elle décide de se rapprocher, après un Point de suture joli mais sans intérêt, arrivé là comme un cheveu sur la soupe, sans aucun lien avec les autres ballades qui suivent, pour lesquelles elle s'avance jusqu'au milieu de la fosse (ce qui n'est plus qu'à un kilomètre des gradins en face). Et répond à ma question depuis toujours: est-ce que, en vrai aussi, c'est grotesque quand elle pleure?


La réponse est oui, probablement, si on n'est pas vraiment fan de Mylène Farmer, qu'on ne connaît pas Nous souviendrons-nous, qu'on aimerait bien, déjà, que ça rebouge au lieu de subir Rêver qu'elle fait reprendre quinze fois sans réussir à pleurer, Laisse le vent emporter tout pendant le pont duquel tous les portables de la fosse ont capté en même temps puis Ainsi soit-je... et l'interminable instrumental de Avant que l'ombre... pendant lequel elle remonte vers la scène principale en pleurant encore un peu. Mais moi, à ma propre surprise, j'ai aimé ce Rêver, et plus encore ce Ainsi soit-je... chanté par les gradins qu'on entendait clairement sur le seul piano d'Yvan Cassar. Comme je n'étais plus à une surprise près, plus tard, j'ai même beuglé les «Fuck them all» de Fuck them all, histoire qu'il y ait de l'ambiance, sans réviser mon jugement sur cette chanson de merde. Auparavant, il y a eu un fabuleux Libertine pour lequel j'aurais dû me lever, finalement, au lieu de simplement briser les tympans de mon voisin dont j'ai bien l'impression qu'il a trouvé (très logiquement) que je chantais faux, puis un Sans contrefaçon, son «caméléon» repris par la foule et son souci technique et le stress que ça implique: Jésus j'ai peur... le concert ne va pas s'arrêter là, hein? elle va aller dans les coulisses et tout réparer pour finir, hein?
Ouf, pour l'instant, elle continue de danser sans musique, sans que le public s'accorde sur ce qu'il faudrait chanter (c'est le problème des bugs en plein pont) et en tombant, en plus, just for fun. Le son revient, sa voix enregistrée aussi, elle s'excuse en riant et on recommence, on ne va pas pleurer sur Sans contrefaçon! Suivent L'instant X, bien mais pas phénoménal et, donc, Fuck them all. Les lumières s'éteignent et les lasers verts se rallument, comme à Bercy en 92 (pour le concert de Dorothée) avant que ne résonne Dégénération, malheureusement dans sa version longue et un peu trop de son pour espérer distinguer éventuellement les «han han han hanhan» du public...


Tout est bientôt fini, Mymyl sort sa méga-chorégraphie de bras sur C'est dans l'air, 80000 personnes répondent «C'est laid» en bougeant les bras ou en tapant des mains et elle fait semblant de s'en aller et de ne pas revenir. Mais, tandis que des gens commencent à partir pour immédiatement revenir, commence la vraie dernière chanson, et le concert se conclue en apothéose sur Désenchantée. D'abord avec une deuxième coupure de son au début du premier refrain, dont la fin est célébrée par de merveilleuses fausses notes. Ensuite par des serpentins jetés en masse dans la fosse et sur la «caméra volante ». Enfin, par la reprise en musique, puis sans, puis avec, puis sans du refrain, encore et encore, avec une ambiance du tonnerre et une joie visible sur son visage qui laissent espérer que, pourquoi pas, même après avoir dit au revoir, elle pourrait faire la méga-surprise de revenir, quitte à déroger à toutes ses habitudes, mais bon, on ne fait pas le Stade de France tous les quatre matins.


Mais non. Comme prévu, elle ne revient pas. On nous conseille de rentrer en RER D ou sur la ligne 13 et 80000 personnes sortent du Stade en même temps...
Et moi, j'ai trouvé ça génial, au point que j'en ai encore mal aux mains...